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27 octobre, 2026 - 17:40:08
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C64 : le dangereux amalgame entre crise politique et guerre d’agression

En proposant de rencontrer séparément Félix Tshisekedi et Joseph Kabila, la C64 s’installe en médiatrice d’un face-à-face qui risque de fausser la lecture de la crise congolaise. Réduire la guerre dans l’Est à un duel politique entre deux personnalités revient à brouiller la distinction entre les différends institutionnels internes et une agression impliquant des forces extérieures. Si la défense de l’ordre constitutionnel est légitime, elle ne saurait placer sur un même plan le débat politique sur l’avenir des institutions et le recours aux armes. Le dialogue ne doit ni occulter les responsabilités sécuritaires ni banaliser la rébellion.

Réunie en présentiel à Rome, en Italie, mardi 27 octobre 2026, pour une première rencontre de son présidium, la C64 a annoncé son intention d’engager des démarches auprès de Félix Tshisekedi et de Joseph Kabila. Dans une déclaration lue par Delly Sesanga, la coalition s’est dite disposée à rencontrer séparément les deux acteurs afin de rechercher une issue durable à la crise en RDC.

Cette initiative pose toutefois un problème de fond. En présentant la crise comme un face-à-face entre Tshisekedi et Kabila, la C64 risque de réduire une situation complexe à une rivalité politique interne. Or, la guerre dans l’Est ne se résume pas à un conflit entre deux camps congolais : elle implique des groupes armés, des soutiens extérieurs et des enjeux de souveraineté territoriale.

Le précédent Nangaa, une question sans réponse

L’expérience devrait pourtant inciter à la prudence. En janvier 2025, la CENCO et l’ECC avaient rencontré Corneille Nangaa à Goma, alors sous contrôle de l’AFC/M23. Quel résultat concret cette démarche a-t-elle produit sur le terrain ? Et en quoi une rencontre avec Joseph Kabila modifierait-elle les rapports de force militaires, alors que les décisions opérationnelles ne relèvent pas uniquement des acteurs politiques congolais ?

La C64 doit répondre à ces interrogations avant de présenter sa démarche comme une voie de sortie de crise. Une médiation n’a de portée que si elle identifie les véritables parties au conflit, les leviers dont elles disposent et les engagements susceptibles de faire cesser les hostilités.

La Constitution ne doit pas servir d’écran

Le combat pour le respect de l’ordre constitutionnel est légitime. Mais il perd en cohérence lorsqu’il conduit à confondre le débat sur une éventuelle révision constitutionnelle avec la question de la rébellion armée. Les responsabilités politiques doivent être examinées, sans pour autant effacer la distinction entre une initiative institutionnelle contestée et le recours aux armes.

La C64 peut contribuer à la recherche d’une solution. Encore faut-il qu’elle refuse les amalgames, nomme clairement les enjeux sécuritaires et exige le respect de la souveraineté nationale. Le dialogue est nécessaire, mais il ne saurait devenir un instrument de banalisation de l’agression ni une manière de diluer les responsabilités.

Infos27

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