En première ligne sur le front médiatique face à l’agression rwandaise en RDC, le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, a, depuis Genève en Suisse, où il s’est exprimé, jeudi 6 février, devant la presse internationale accréditée aux Nations Unies, dénoncé avec force l’occupation illégale de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, dans l’est de la RDC, par les troupes rwandaises et les atrocités commises contre la population civile. À la veille de la session extraordinaire du Conseil des droits de l’homme de l’ONU (CDHNU) suite à la demande congolaise, le porte-parole du gouvernement de la RDC a rappelé que Kinshasa ne cédera ni sur la vérité ni sur la justice, mobilisant tous les leviers diplomatiques et judiciaires pour faire face à cette agression et exiger des comptes. Ainsi, Kinshasa plaide en faveur de la création d’un mécanisme indépendant d’enquête. L’objectif : déployer des enquêteurs sur le terrain afin d’établir l’ampleur réelle des crimes commis à Goma par les forces rwandaises et leur supplétif du M23.
La République démocratique du Congo (RDC) reste déterminée à faire éclater la vérité et à obtenir justice face à l’agression dont elle est victime. Kinshasa entend mener ce combat jusqu’à son terme, mobilisant tous les leviers diplomatiques et judiciaires pour dénoncer l’occupation illégale de Goma par les troupes rwandaises et obtenir des actions concrètes de la communauté internationale.
C’est dans ce cadre que la délégation gouvernementale congolaise, s’est exprimée, jeudi 6 février, devant la presse internationale accréditée aux Nations Unies à Genève, en Suisse en marge du sommet extraordinaire prévu ce vendredi 7 février sur cette question. Il a été question, selon le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, de dresser l’état des lieux alarmant de la situation dans le chef-lieu du Nord-Kivu, tout en insistant sur les conséquences humaines et politiques de cette agression et en réclamant des mesures immédiates pour y mettre un terme.
Une situation dramatique et des crimes dénoncés
Patrick Muyaya a rappelé l’urgence de la situation, marquée par des violations massives des droits humains. « Nous avons demandé et obtenu une réunion spéciale du Conseil des Nations Unies pour les droits de l’homme afin de faire le point sur la situation que nous vivons à Goma depuis plusieurs jours, marquée par l’entrée de troupes rwandaises », a-t-il déclaré.
Le Porte-parole du gouvernement de la RDC a dénoncé les atrocités commises par ces forces rwandaises, énumérant les exactions qui se multiplient depuis le début de l’occupation : « Ils ont bombardé des camps de déplacés, tué des populations civiles, attaqué le personnel de la MONUSCO, assassiné des membres de la SAMI-RDC. Ces crimes ont été perpétrés dans un contexte où la population a été privée d’eau et d’électricité, où ses droits fondamentaux sont bafoués. »
Avec un bilan provisoire de plus de 3 000 morts, la RDC exige une enquête approfondie pour documenter ces atrocités et établir la responsabilité des auteurs de ces actes.
Un appel à la mobilisation et à la responsabilité internationale
Face à la presse internationale, Patrick Muyaya a exposé les véritables enjeux de cette guerre imposée par Kigali. « Nous avons jugé nécessaire d’informer les médias sur la nature réelle de cette agression menée par le président Paul Kagame, dont l’objectif principal est le pillage des ressources minières de la RDC. »
Le ministre a plaidé pour la mise en place d’un mécanisme indépendant d’enquête, permettant de déployer des investigateurs sur le terrain afin d’établir l’ampleur exacte des crimes commis. Il a également mis en avant la détermination du peuple congolais, rassemblé derrière le président Félix Antoine Tshisekedi, engagé activement dans le processus de Luanda pour parvenir à un règlement pacifique du conflit et restaurer la stabilité dans l’Est du pays.
La diplomatie congolaise face à l’agression rwandaise
La dénonciation de l’occupation illégale de Goma par Kigali s’inscrit dans une stratégie plus large menée par Kinshasa, qui mise à la fois sur une riposte diplomatique et sur des actions judiciaires. Parmi ces initiatives, la plainte déposée contre le Rwanda devant la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP) constitue une étape clé dans la quête de justice.
« Nous avons également expliqué aux Nations Unies l’importance de poursuivre les discussions sur les implications de cette agression et les conséquences sur la stabilité de la région. L’impunité des auteurs de ces crimes ne peut plus être tolérée », a affirmé Patrick Muyaya, appelant la communauté internationale à prendre ses responsabilités face à cette escalade meurtrière orchestrée par Kigali.
De Pitshou Mulumba
Envoyé Spécial à Genève (Suisse)

