Après 25 ans de pouvoir absolu, Paul Kagame ne battrait probablement pas le record de longévité de Mobutu à la tête d’un État. Seule certitude, le Führer de grands-lacs est aux crépuscules de son règne avec les dernières sanctions cumulées des États-Unis et de l’Union européenne. » Funga mukanda » , » Seriez-vous la ceinture », a lancé le despote qui se prend pour un » mwami » roi, aux Rwandais, avant de prendre la décision de rompre les relations diplomatiques avec la Belgique qu’il considère, tout comme Mobutu, être à la manœuvre pour sa disgrâce internationale.
En tout cas, l’UE a utilisé l’artillerie lourde dans son arsenal des sanctions contre le régime de Kigali. L’équivalent de la Gécamines, la raffinerie d’or de Gasabo, qui assure au bas mot 30% des revenus annuels du Rwanda, est désormais sous embargo.
Elle avait démarré ses activités de raffinage le 1er juin 2022 alors que le M23 étendait son emprise sur l’ensemble de la chefferie de Bwisha, y compris la capitale du territoire et la ville de Kiwanja, etc., Jomba, Bweza et Kisigari). La raffinerie a longtemps tiré profit de l’extraction et du trafic illégaux de ressources naturelles de l’est de la RDC, singulièrement le métal jaune. Les chiffres record des recettes dans le secteur minier annoncés en boucle par les officiels rwandais ont eu un écho contre-productif à l’international. Le Rwanda est un État flibustier!
Pour l’UE, la raffinerie d’or de Gasabo exploite le conflit armé, l’instabilité et l’insécurité en RDC, notamment par l’exploitation ou le commerce illicites de ressources naturelles. Il n’est pas que le pipeline financier qui a été obstrué, l’Union européenne a porté un sacré coup sur l’appareil sécuritaire de Paul Kagame si bien que certains analystes, pas forcément les plus pessimistes, pronostiquent sur l’hypothèse d’un putsch afin de faire porter à Paul Kagame seul tous les crimes économiques et massacrés dans l’est congolais. Sans doute, le charnier de Goma et la boucherie retracée çà et là par la Monusco et les autres systèmes des Nations Unies et, par-dessus tout, les infanticides gratuits de Bukavu ont scellé le sort du régime Kagame. Ces crimes ne sont nullement de commune mesure avec le présumé massacre des étudiants à Lubumbashi imputé à Mobutu, lequel lui a coûté l’irréparable isolement, poussant ses généraux les plus talentueux à prendre leurs distances.
Tenez, l’UE interdit de séjour sur l’espace Schengen et gèle les avoirs du général major Ruki Karusisi, commandant en chef des forces spéciales qui avaient pris d’assaut la ville de Goma, le général major Eugène Nkubito, commandant de la troisième division des RDF et le général de brigade Pascal Muhizi , commandant de la deuxième division des RDF, sont directement mis en cause pour leur rôle dans les opérations militaires des rebelles du M23 en RDC. Bertrand Bisimwa et ses comparses sont plus que jamais bannis, mis en paria, autant par les États-Unis que l’Union européenne. Leur survie passerait peut-être par la reddition et la reconnaissance du régime de Tshisekedi.
Pold Levi

