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17 avril, 2026 - 00:32:42
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Sécurité sociale : une première en RDC, les militaires et policiers intégrés à la CNSSAP

Dans un pays où les forces de défense ont longtemps été exclues des garanties sociales les plus élémentaires, l’intégration des militaires et policiers au régime de sécurité sociale marque un tournant. Pour la première fois depuis l’indépendance, la République démocratique du Congo reconnaît à ses agents en uniforme le droit à une retraite digne. Un geste symbolique, mais aussi politique, qui résonne comme une tentative de réconciliation entre l’État et ceux qui en incarnent l’autorité armée, souvent relégués aux marges du contrat social.

C’est une réforme historique dans l’administration congolaise. Pour la première fois depuis l’indépendance de la République démocratique du Congo (RDC) en 1960, les militaires et les policiers sont désormais intégrés au régime de sécurité sociale des agents publics de l’État. Géré par la Caisse nationale de sécurité sociale des agents publics de l’État (CNSSAP), ce dispositif inclut dorénavant les forces de défense et de sécurité dans un cadre de protection sociale formelle, jusque-là réservé aux fonctionnaires civils.

La cérémonie solennelle d’intégration s’est tenue jeudi 8 mai 2025 sous le chapiteau de l’État-major général des Forces armées de la RDC (FARDC), à Kinshasa. Trois vice-Premiers ministres y ont pris part : Jean-Pierre Lihau (Fonction publique), Jacquemain Shabani (Intérieur) et Guy Mwadianvita (Défense nationale). Autour d’eux, un parterre d’officiers supérieurs, de représentants des FARDC et de la Police nationale congolaise (PNC), ainsi que des dizaines de policiers et militaires venus assister à un événement qualifié de « tournant historique » par ses promoteurs.

Une avancée dans la justice sociale

« En garantissant une retraite digne à nos policiers et militaires, nous élevons leur statut, nous renforçons leur engagement et nous semons les graines de la confiance dans l’État », a déclaré Jean-Pierre Lihau, soulignant le caractère « inclusif » et « unificateur » de cette réforme. L’objectif affiché du gouvernement est clair : mettre fin à une forme d’exclusion historique, en assurant à tous les agents publics une couverture sociale équitable et pérenne.
À terme, d’autres catégories encore non couvertes devraient rejoindre ce régime unifié, a indiqué Jean-Pierre Lihau, affirmant que « l’accès à une retraite digne ne doit plus être un privilège, mais un droit ».

« Mettre fin à l’injustice sociale »

Son collègue en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a salué de son côté une « avancée majeure » et « un acte de justice sociale », remerciant les partenaires institutionnels qui ont contribué à l’aboutissement du processus. « À travers cette intégration, la République garantit enfin une prise en charge sociale à ses militaires et policiers », a-t-il ajouté.
Un point partagé par le vice-Premier ministre chargé de la Défense, Guy Mwadianvita, qui a mis en avant la dimension symbolique de cette réforme : « Nos forces de sécurité sont exposées à des risques élevés. Cette mesure vient reconnaître leur contribution essentielle à la stabilité nationale. »

Une réforme amorcée dès janvier

Officiellement lancée au début de l’année 2025, l’intégration des forces armées et de la police à la CNSSAP marque l’aboutissement d’un chantier technique et politique longuement mûri. Elle s’inscrit dans un processus plus large de réforme de la gouvernance publique, notamment en matière de gestion des ressources humaines et de modernisation de la protection sociale.

La CNSSAP, créée pour couvrir les agents publics civils, voit ainsi son mandat élargi. Ce changement de périmètre implique aussi des ajustements en matière de cotisations, de fiscalité et de gestion actuarielle, pour garantir la viabilité financière du régime.

Alors que les défis budgétaires restent nombreux dans un pays marqué par l’agression rwandaise dans l’Est et des tensions économiques persistantes, les autorités entendent faire de cette réforme un symbole d’un État plus protecteur. Pour les militaires et policiers concernés, souvent laissés à l’écart des mécanismes de retraite classiques, l’intégration au régime de sécurité sociale constitue un signal fort de reconnaissance institutionnelle.

Pitshou Mulumba

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