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Kinshasa
8 décembre, 2025 - 14:42:54
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Centre hospitalier Renaissance : une sécurité zélée prive un malade de soins d’urgence

Symbole de la réforme hospitalière en RDC, le Centre Hospitalier Universitaire Renaissance a été conçu comme un pôle d’excellence. Mais derrière les murs fraîchement rénovés, des dysfonctionnements subsistent. Mercredi 14 mai, le refus d’accès à un patient en détresse, bloqué par des agents de sécurité, a ravivé les critiques contre une organisation encore défaillante.

Inauguré le 12 octobre 2024 par le président Félix Tshisekedi, le CHU Renaissance devait incarner un nouveau départ pour le secteur hospitalier congolais. Fruit d’une modernisation de l’ancien hôpital général Mama Yemo, cet établissement emblématique est censé porter l’ambition nationale d’un accès équitable à des soins de qualité. Pourtant, ce mercredi 14 mai, un incident survenu à l’entrée de l’hôpital a ravivé les critiques quant à certaines pratiques jugées inhumaines.

Vers 12 heures, un agent de l’État s’est présenté avec son frère, dans un état de santé critique. L’homme, visiblement très affaibli, a vu l’accès à l’hôpital refusé par les membres du groupe de sécurité commis dans cet établissement. « Je les ai suppliés, vu l’état de mon frère, pour éviter un détour et gagner du temps », a témoigné l’agent, encore sous le choc.

Des refus d’accès aux conséquences graves
La scène, selon plusieurs témoins, n’a rien d’isolé. « Il y a déjà eu un cas de décès à cause de ce genre de comportements », rapporte un autre usager régulier de l’établissement. L’agent, contraint de faire le tour du quartier au milieu des embouteillages, a mis plus d’une heure avant de pouvoir faire admettre son frère. « Imaginez ce que ça signifie, avec quelqu’un qui étouffait déjà », déplore-t-il.

Admis in extremis, le malade a finalement été diagnostiqué comme souffrant d’une insuffisance cardiaque. Le pire a donc été évité — cette fois. Mais les questions demeurent sur la gestion des urgences par le personnel de sécurité, parfois peu formé à discerner les priorités médicales.

Des lacunes dans la signalisation et l’organisation

Par ailleurs, le manque d’indications claires autour du complexe hospitalier est aussi pointé du doigt. « Je me suis retrouvé à l’entrée de l’Assemblée provinciale de Kinshasa. Ils m’ont obligé à contourner par Wangata, avec toutes les peines du monde », poursuit l’agent. Aucune signalisation ne permettrait de distinguer les entrées réservées aux urgences, aux officiels ou au personnel soignant, alimentant confusion et frustrations.

Un enjeu d’image et d’efficacité

L’ambition présidentielle de redonner à l’hôpital public ses lettres de noblesse risque d’être affaiblie par ces incidents. Le CHU Renaissance, censé devenir un pôle d’excellence, doit non seulement offrir un plateau technique moderne, mais aussi garantir un accueil humain et efficace à tous les patients, quels qu’ils soient.

Ainsi, plusieurs voix s’élèvent pour exiger une réorganisation des services d’accès et une sensibilisation urgente des agents de sécurité commis dans cet établissement par rapport à la gestion des urgences médicales.

Infos27

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