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Kinshasa
1 novembre, 2026 - 16:08:34
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RDC : Le pacte social de la CENCO, une initiative pour la paix qui élude les responsabilités ?

Alors que l’Est de la République démocratique du Congo continue de s’enliser dans une guerre aux contours géopolitiques assumés, la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC) proposent une initiative de paix à coloration morale : un « pacte social » pour le bien-vivre ensemble. Portée par un discours pastoral et des valeurs humanistes, la démarche se veut une réponse « congolaise » à une crise qui dépasse depuis longtemps les seules frontières nationales. Mais à force de refuser de nommer l’agresseur, en l’occurrence le Rwanda et ses relais armés comme le M23, cette volonté de réconciliation risque d’apparaître déconnectée du sentiment populaire et des impératifs de justice. Alors que les morts s’accumulent et que la population s’impatiente face à ce qu’elle perçoit comme un silence complice, le rôle de l’Église – jadis pilier du sursaut démocratique – se voit aujourd’hui questionné. Dans quelle mesure ce pacte social répond-il réellement aux attentes du peuple congolais, ou n’est-il qu’un écran de fumée spirituel sur une tragédie bien réelle ?

Dans un pays secoué par des décennies de conflits, l’annonce par la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC) d’un « Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble » vise à reconstruire les bases de la paix à l’Est de la République démocratique du Congo. Lancée comme une réponse « congolaise » aux efforts diplomatiques régionaux et internationaux, cette initiative suscite autant d’espoirs que d’interrogations.

Une initiative « congolaise » face à la crise

Lors d’une conférence de presse tenue le 16 mai à Kinshasa, Monseigneur Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO, a plaidé pour une lecture plus introspective de la crise congolaise. « Les causes profondes de cette guerre ne pourront être traitées que par les Congolais eux-mêmes », a-t-il affirmé, tout en saluant les processus diplomatiques en cours à Doha, Luanda, Nairobi ou encore à travers la médiation africaine conduite par le président togolais Faure Gnassingbé. Le prélat congolais insiste : les efforts extérieurs, aussi légitimes soient-ils, seront vains en l’absence d’un consensus interne.

Le pacte proposé par la CENCO et l’ECC, fondé sur les valeurs du bumuntu – terme bantou qui renvoie à l’humanité et à la fraternité – se veut un levier pour mobiliser la société civile, les leaders religieux et les acteurs politiques autour d’un diagnostic partagé de la crise, et ce, au-delà des clivages partisans ou confessionnels.

Une vision trop consensuelle ?

Mais à Kinshasa, certaines voix s’élèvent pour dénoncer une initiative aux contours flous, qui peine à désigner clairement les responsabilités dans les drames que vit l’Est du pays. Nombreux sont les Congolais qui s’interrogent : peut-on réellement construire une paix durable sans nommer l’agresseur ? « C’est le Rwanda qui tue en RDC », martèle un enseignant de Goma, interrogé par téléphone. « Nous attendions des évêques qu’ils parlent clairement. Or, ils sont restés silencieux quand le M23, soutenu par Kigali, massacrait notre population. »

Ce silence sur le rôle du Rwanda, pourtant dénoncé à maintes reprises par les autorités congolaises et plusieurs rapports d’experts de l’ONU, a été perçu comme une forme de déni ou de prudence excessive. Un mutisme d’autant plus mal vécu que la région de Goma a enregistré des milliers de morts, sans compter les déplacements massifs de population.

La critique du pouvoir

Du côté du pouvoir, la démarche de la CENCO est accueillie avec une certaine circonspection. L’Union pour la