Le geste peut paraître rituel, mais il engage bien plus qu’une simple tradition républicaine. En remettant officiellement le rapport annuel 2024 du CSAC au président de l’Assemblée nationale, Christian Bosembe réaffirme la place incontournable de la régulation dans la consolidation démocratique. À l’heure où l’information circule sans filtre et où les repères vacillent, cette reddition de comptes sonne comme un acte de résistance : résistance à l’arbitraire, à la désinformation, aux manipulations. Car garantir la liberté de la presse, c’est aussi protéger l’espace public contre ses propres dérives.
Dans une démarche institutionnelle marquée par un souci de transparence et de reddition des comptes, Christian Bosembe, président du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), a officiellement remis, lundi 27 mai, le rapport annuel 2024 de l’organe de régulation des médias à Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale.
La cérémonie s’est tenue dans l’enceinte du Palais du peuple, en présence notamment du rapporteur de la chambre basse du Parlement, le professeur Jacques Ndjoli. À cette occasion, M. Bosembe, qui a été accompagné par le vice-président du CSAC, Bruno Mbolison, a rappelé l’importance de cette tradition républicaine qui consiste, chaque année, à soumettre à l’Assemblée nationale le bilan des activités du CSAC. Selon lui, ce geste traduit « la volonté de garantir la transparence dans la gestion des institutions publiques et de renforcer leur caractère redevable ».
Soutien à la régulation et à la liberté de la presse
Prenant la parole à son tour, le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, a salué « l’engagement constant » du CSAC en faveur de la liberté de la presse, tout en soulignant les responsabilités accrues de cet organe à l’ère des réseaux sociaux et de la surabondance informationnelle. Il a exprimé son « soutien indéfectible » à Christian Bosembe et à son équipe, les encourageant à poursuivre leur action dans le respect de l’éthique et de la déontologie journalistique.
« La liberté de la presse est un pilier de la démocratie, mais elle ne saurait prospérer sans un cadre clair et respecté », a rappelé M. Kamerhe, insistant sur le rôle de la régulation dans la protection de l’espace médiatique national contre les dérives et la désinformation.
Préserver l’identité de la République
Créé pour garantir le pluralisme des médias et veiller à la qualité des contenus diffusés, le CSAC s’est donné pour mission, selon son président, de préserver « l’identité de la République et ses valeurs fondamentales », dans un contexte de tensions politiques et de polarisation de l’opinion publique.
Le rapport annuel 2024, dont les grandes lignes n’ont pas encore été rendues publiques, revient notamment sur la régulation des médias audiovisuels, la gestion des contentieux médiatiques, ainsi que les campagnes de sensibilisation menées à travers le pays.
Dans un pays où la presse demeure à la fois un vecteur essentiel de débat démocratique et un terrain d’affrontements politiques, le rôle du CSAC s’avère plus que jamais central. La remise de ce rapport à l’Assemblée nationale en est un des symboles les plus visibles.
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