Le ministre d’Etat en charge de la Justice, Constant Mutamba, a été auditionné pendant plusieurs heures, mardi, par l’avocat général près la Cour de cassation, dans le cadre d’une enquête sur la gestion des fonds destinés à la construction de la prison centrale de Kisangani. Aucun détail n’a filtré sur le contenu des échanges, encore couverts par le secret de l’instruction. Mais à sa sortie du Parquet général, le ministre a surpris par une mise en scène politique assumée, dans un climat de tension croissante entre exigence judiciaire et calculs d’image.
Le ministre de la Justice a passé plusieurs heures à l’Office du procureur général, où il a été entendu à huis clos par l’avocat général Sylvain Kaluila. L’affaire concerne la gestion présumée opaque des fonds alloués à la construction de la prison centrale de Kisangani, dans la province de la Tshopo. Un dossier épineux, encore couvert par le secret de l’instruction, mais déjà largement médiatisé.
Aucun communiqué officiel n’a été publié par le parquet, et Constant Mutamba, fidèle à sa ligne de silence judiciaire, s’est abstenu de toute déclaration à la presse. Pourtant, c’est à sa sortie que la scène a pris une tournure inattendue.
Une sortie politique très calculée
Loin de quitter discrètement le bâtiment du Parquet général, le ministre a été accueilli par une foule dense de partisans. Entouré de militants, il a remonté une portion du boulevard du 30 juin, multipliant les saluts, les gestes d’apaisement et les poignées de main. Une véritable démonstration de force, dans une ambiance presque triomphale, qui tranche avec la gravité du contexte judiciaire.
Cet acte n’est pas anodin. À mi-chemin entre le défi politique et le geste de communication, ce bain de foule apparaît comme une stratégie assumée de désamorçage : celle d’un ministre qui, face à la tempête, choisit de s’afficher debout, populaire et serein. Une mise en scène maîtrisée, à quelques encablures seulement du siège du gouvernement.
L’instruction se poursuit
Selon nos informations, Constant Mutamba est attendu de nouveau au Parquet général le vendredi 6 juin, pour la suite de l’instruction. À ce jour, aucune mise en examen ni inculpation n’a été officiellement annoncée. L’enquête suit son cours, dans un climat tendu entre institutions, alors que le dossier touche au cœur d’un ministère stratégique.
Pour Constant Mutamba, jeune figure montante du paysage politique congolais, l’épreuve pourrait s’avérer déterminante. Déjà connu pour son franc-parler et sa posture souverainiste, il joue désormais sa crédibilité et sa capacité à résister à la pression judiciaire et médiatique.
Reste à savoir si cette séquence renforcera son aura politique ou précipitera une mise en retrait. En attendant, le ministre semble jouer une carte à haut risque : celle de la résilience publique face à la machine judiciaire.
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