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10 février, 2026 - 01:41:52
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Fracture numérique : Tshisekedi presse pour une mise en œuvre accélérée des solutions satellitaires

Le président congolais a rappelé, vendredi 20 juin en Conseil des ministres, l’urgence d’agir pour élargir l’accès à Internet dans un pays où l’immensité du territoire et la faiblesse des infrastructures continuent de freiner l’inclusion numérique.

C’est un défi structurel que Félix Tshisekedi ne veut plus voir relégué au second plan. Lors du Conseil des ministres tenu à la Cité de l’Union africaine, le chef de l’État a mis l’accent sur la nécessité d’intensifier les efforts visant à réduire la fracture numérique en République démocratique du Congo. Une fracture criante : en 2023, selon les données officielles de l’ARPTC (Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo), à peine 30,79 % de la population avait accès à Internet mobile, tandis que l’Internet fixe ne couvrait qu’un maigre 0,02 % des Congolais.

Ces chiffres traduisent l’ampleur du retard accumulé dans un pays aux dimensions continentales, où l’accès au numérique reste encore un privilège urbain. Face à cette réalité, le Président a réaffirmé sa détermination à « consolider le processus de réduction de la fracture numérique », en levant les obstacles structurels et administratifs à l’accélération des projets de connectivité.

L’alternative satellitaire comme levier de rattrapage

Félix Tshisekedi mise notamment sur des solutions de connectivité par satellite pour contourner les contraintes liées au déficit d’infrastructures physiques. Le Plan national du numérique « Horizon 2025 » prévoit à ce titre des partenariats stratégiques, comme ceux engagés avec MONACOSAT et STARLINK, qui doivent permettre un accès rapide et étendu à l’Internet haut débit, y compris dans les zones les plus enclavées.

Mais ces initiatives, prévient le chef de l’État, ne doivent pas s’enliser dans des lenteurs administratives, ni pâtir de blocages réglementaires ou de frilosité financière. Il a donc exhorté les ministères concernés, sous la coordination de la Première ministre Judith Suminwa et avec le concours de son propre cabinet, à « redoubler d’efforts » pour traduire ces projets en réalités tangibles.

Une volonté politique d’aligner le numérique sur les priorités économiques

Au-delà de l’enjeu d’inclusion sociale, le président congolais ancre sa vision du numérique dans une perspective économique. « L’économie numérique est aujourd’hui un levier de développement socio-économique », a-t-il rappelé, en insistant sur les potentialités en matière d’emploi, d’innovation technologique et de modernisation de l’administration publique.

Dans cette optique, le gouvernement est appelé à renforcer les partenariats avec des entreprises technologiques offrant des solutions d’accès à coût réduit, tout en mettant en place un cadre incitatif. Des mesures fiscales et parafiscales adaptées devront ainsi être proposées « sans délai », pour faciliter l’importation des équipements nécessaires et réduire les prix des services à la consommation.

Dans l’esprit du président, la transformation numérique n’est pas seulement une urgence sociale ; elle est aussi un enjeu de souveraineté et de compétitivité. Rendre l’Internet accessible à tous, y compris dans les régions isolées, reviendrait à repositionner la RDC dans les circuits de l’économie numérique mondiale, aujourd’hui dominée par l’agilité technologique et la fluidité des échanges.

Si les ambitions sont posées avec clarté, leur mise en œuvre, elle, reste suspendue à la capacité des institutions à lever les freins structurels et à mobiliser les ressources. Le Conseil des ministres du 20 juin 2025 aura eu le mérite de remettre la question au sommet des priorités nationales. Pour la RDC, l’heure est venue de ne plus seulement parler de fracture numérique, mais bien de la combler.

Infos27

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