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Kinshasa
18 avril, 2026 - 01:11:07
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L’heure du courage politique [Editorial]

Il fallait du courage pour faire face aux dogmes de la suspicion permanente. Il fallait de la clarté pour poser les jalons d’un processus de paix crédible sans céder un pouce de souveraineté. C’est ce que le gouvernement de la République a fait, sans détour, en défendant publiquement la signature par la RDC de la Déclaration de principes avec l’AFC/M23, sous l’égide du Qatar.

Dans un climat où certains veulent voir dans chaque pas vers le dialogue un acte de faiblesse, le porte-parole du gouvernement de la RDC, Patrick Muyaya, a rétabli les fondements de cette démarche : un processus ancré dans la légalité républicaine, les instruments internationaux et les engagements constants de Kinshasa. « La Déclaration de Principes […] se fonde sur le respect strict de la Constitution de la RDC, les Chartes des Nations Unies et de l’Union africaine, le droit international […] et s’aligne sur l’accord de Washington », a précisé Patrick Muyaya. Il n’est donc pas question de braderie ni de marchandage en coulisse, mais d’une tentative sérieuse de clore, dans l’honneur, un conflit qui n’a que trop duré.

À ceux qui dénoncent une prétendue capitulation, Patrick Muyaya oppose la réalité du texte : retrait sans condition des zones occupées, retour des institutions légitimes de l’État, engagement pour la sécurité des civils et restauration de l’autorité nationale. Des principes intransigeants, définis depuis le départ comme les « lignes rouges » de Kinshasa, et que l’accord ne transgresse en aucun point.

Derrière les critiques récurrentes, il faut aussi voir ce que certains refusent d’avouer : que la paix dérange. Parce qu’elle ôte à ceux-là même qui dénoncent, l’argument commode de l’éternel chaos. Parce qu’un avenir sans conflit rendra soudain visibles les responsabilités internes, les ambitions dissimulées derrière les postures patriotiques. Il y a, au cœur de certaines oppositions au processus de Doha, un attachement trouble au désordre établi. Une résistance de ceux qui vivent bien dans un statu quo meurtrier.

La République démocratique du Congo, elle, a choisi d’en sortir. Elle l’a fait sans naïveté, sans renier ses droits, mais avec lucidité. En signant ce texte, elle n’a pas abandonné le combat pour son intégrité territoriale : elle l’a redéfini sur un terrain politique et diplomatique solide, loin des rodomontades stériles.

Le président Tshisekedi a, depuis le début de son mandat, exprimé une ambition claire : ramener la paix à l’Est. L’accord de Doha, tel que présenté, s’inscrit dans cette volonté. Il ne la remplace pas, il l’incarne. La parole du gouvernement est aujourd’hui sans équivoque. Le peuple congolais, épuisé par les drames à répétition, mérite mieux que les procès d’intention. Il mérite une paix juste, ferme, construite sur des bases tangibles.

Il ne s’agit plus de savoir si la paix est possible, mais si nous sommes prêts à l’assumer. Ceux qui craignent ce tournant devraient plutôt redouter le retour du silence des armes — non pas comme une fin des combats, mais comme la fin de leur rente politique.

Infos27

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