82.2 F
Kinshasa
16 juillet, 2026 - 22:30:44
Image default
Flash InfosJusticeLa unePolitiqueSécurité

Trahison et crimes contre l’humanité : peine de mort requise contre Joseph Kabila, verdict attendu

Il est des trahisons qui marquent à jamais l’histoire d’un pays. L’ancien président congolais Joseph Kabila, longtemps présenté comme l’héritier d’un héros national apparaît aujourd’hui dans le rôle inverse : celui d’un homme accusé d’avoir livré la patrie à ses bourreaux. Jugé par contumace, il fait face à une avalanche de charges d’une gravité exceptionnelle – trahison, participation à un mouvement insurrectionnel, crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité, homicides, viols, torture et occupation de la ville de Goma. Au banc des accusés, ce n’est pas seulement un ancien chef d’État qui est interpellé, mais l’idée même qu’un dirigeant puisse pactiser avec les forces ennemies qui saignent l’Est depuis deux décennies. Pour l’accusation, la résurgence du M23, sous la bannière de l’AFC, n’est pas le fruit du hasard mais le prolongement d’un double jeu cynique mené depuis le sommet de l’État. Une ligne rouge a été franchie : nul, pas même celui qui fut président, ne peut trahir son pays et espérer rester impuni.

Jugé par contumace, l’ancien président congolais Joseph Kabila se retrouve au banc des accusés d’une histoire dont il fut longtemps le maître. Vendredi 22 août, l’auditeur général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), le lieutenant-général Jean-René Likulia Bakulia, a requis la peine capitale contre celui qui dirigea le pays de 2001 à 2019. Les charges, d’une gravité exceptionnelle, dessinent le portrait d’un homme accusé d’avoir livré la nation à l’ennemi.

Trahison, participation à un mouvement insurrectionnel, crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité, homicides par balles, apologie, viols, torture, déportations et occupation de Goma par la force : autant de griefs que l’accusation relie à son engagement présumé auprès de la rébellion du M23, réapparue sous la bannière de l’« Alliance des forces du changement » (AFC/M23), et qui occupe aujourd’hui de vastes pans du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

L’accusation d’un double jeu historique

Ce procès, sans précédent en RDC, met en lumière un soupçon ancien : celui d’un chef d’État accusé d’avoir pactisé avec ceux-là mêmes qui déstabilisent l’Est depuis plus d’une décennie. Pour l’accusation, la résurgence du M23 et ses succès militaires seraient la conséquence d’une complicité au plus haut niveau. « On ne peut pas trahir son pays, celui qui vous a tout donné, et espérer échapper à la justice », martèle un haut magistrat militaire.

Mais au-delà des crimes reprochés, un autre front judiciaire s’ouvre : celui de l’identité. Les avocats de la République contestent la nationalité congolaise de Joseph Kabila, affirmant qu’il serait en réalité rwandais, né Hyppolite Kanambe. Selon cette thèse, l’infraction de trahison, réservée aux nationaux, devrait être requalifiée en espionnage, applicable aux étrangers.

Les contre-feux de ses partisans

Le camp de l’ancien président crie au procès politique. « Manipuler l’identité d’un ancien Chef d’État, fils d’un héros national, dont la mère biologique et les membres de la fratrie sont vivants, est un crime d’État », a dénoncé sur X Néhémie Mwilanya, dernier directeur de cabinet de Joseph Kabila. « Ce n’est pas seulement Joseph Kabila qu’on juge, c’est l’État de droit qu’on sacrifie », renchérit José Makila, ancien ministre du régime sortant.

Ces prises de position n’entament pas la détermination de l’accusation, convaincue qu’un exemple doit être donné : aucun statut, aucune fonction passée, aucun pouvoir ne saurait placer un homme au-dessus de la justice quand il s’agit de trahison.

Au-delà du cas Kabila, ce procès engage l’avenir de l’État congolais. Il pose une question de fond : peut-on construire la paix en fermant les yeux sur les responsabilités politiques et militaires qui ont permis la guerre ? Pour les partisans de Joseph Kabila, il s’agit d’une chasse aux sorcières. Pour ses accusateurs, un signal clair doit être envoyé : la trahison ne reste jamais impunie, fût-elle celle d’un ancien président de la République. Le verdict de la Haute cour militaire est attendu dans les prochains jours.

Infos27

ça peut vous intéresser

Laisser un Commentaire

Infos27.CD utilise des cookies pour améliorer votre expérience utilisateur. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter En Savoir Plus