Disparu des radars depuis sa condamnation à dix ans de travaux forcés, Augustin Matata Ponyo espérait se soustraire à la justice en invoquant l’inconstitutionnalité de son arrêt. Jeudi 28 août, la Cour constitutionnelle a sèchement rejeté sa requête, se déclarant incompétente, ce qui rappelle la gravité des détournements massifs reprochés à l’ancien Premier ministre.
La Cour constitutionnelle de la République démocratique du Congo a rejeté jeudi 28 août la requête de l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo, contestant la constitutionnalité de sa condamnation à dix ans de travaux forcés. Siégeant en matière d’appréciation de la conformité à la Constitution, d’interprétation et de contrôle de constitutionnalité, la plus haute instance judiciaire du pays s’est déclarée incompétente pour examiner le dossier.
« Ainsi, la Cour se déclare incompétente, dit qu’il n’y a pas lieu au paiement de frais d’instance et que l’arrêt sera signifié au requérant, au Président de la République et à la Première ministre », a précisé Dieudonné Kamuleta, président de la Cour constitutionnelle. Cette décision met un terme à l’affaire liée au détournement des fonds du parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo, un dossier qui avait marqué l’opinion publique et mobilisé l’attention des autorités judiciaires et politiques du pays.
Condamné le 20 mai dernier à dix ans de travaux forcés pour détournement de deniers publics, Augustin
Matata Ponyo avait tenté de faire invalider cette décision pour inconstitutionnalité. L’ancien Premier ministre (2012-2016), aujourd’hui député national, avait écopé en plus d’une peine d’inéligibilité de cinq ans, de l’ordre de son arrestation immédiate ainsi que de la saisie de ses biens, meubles et immeubles, à hauteur des sommes détournées. La justice l’avait reconnu coupable du détournement de 156,8 millions de dollars en complicité avec l’ex-gouverneur de la Banque centrale du Congo, ainsi que de 89 millions supplémentaires aux côtés du Sud-Africain Grobler, dans le cadre du projet agro-industriel de Bukanga-Lonzo, à l’est de Kinshasa.
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