Le divorce est désormais consommé. Sur le plateau de « Dites-nous la vérité », face à la journaliste Elisée Odia, le député national Christian Mwando a mis fin à l’équivoque : entre Joseph Kabila et Moïse Katumbi, le fil politique est rompu. D’un ton tranchant, le président du groupe parlementaire Ensemble pour la République a fustigé la convocation « unilatérale » lancée par l’ancien chef de l’État à un conclave de l’opposition à Nairobi. « Ensemble pour la République n’accepte plus qu’un leadership naisse quelque part à son insu, qu’il y ait une locomotive et qu’Ensemble devienne un simple wagon », a-t-il martelé. Cette déclaration acte la rupture entre les deux figures. À Kinshasa, beaucoup y voient un tournant décisif pour Katumbi, qui s’affranchit d’un allié affaibli, embourbé dans les mailles de la justice, pour s’imposer comme le visage d’une opposition crédible et réformatrice.
Le message est limpide et sans appel : « Il n’est nullement question pour Joseph Kabila de convoquer Moïse Katumbi ». En quelques phrases, prononcées dans l’émission « Dites-nous la vérité » de la journaliste Elisée Odia, le député national Christian Mwando a mis fin à des mois de spéculations sur la nature des rapports entre l’ancien président Joseph Kabila et le leader d’Ensemble pour la République.
Selon lui, « Moïse Katumbi n’est ni derrière Kabila, ni son collaborateur », et le temps où le camp Katumbi devait s’aligner derrière une figure tutélaire est bel et bien révolu.
Pour Christian Mwando, il est inconcevable que l’ancien chef de l’État se permette de « convoquer » Moïse Katumbi à un conclave de l’opposition organisé à Nairobi, sans consultation préalable ni cadre politique clair. « Ensemble pour la République n’accepte plus qu’un leadership naisse quelque part à son insu, qu’il y ait une locomotive et qu’Ensemble devienne un simple wagon. Non. Kabila n’est plus président de la République, c’est un citoyen congolais, président honoraire qui a son mouvement politique, comme Katumbi a le sien », a-t-il tranché.
Un leadership assumé et une rupture consommée
En déclinant l’invitation de Joseph Kabila, Moïse Katumbi a voulu préserver sa stature d’homme d’État et la cohérence de son mouvement. Aucun contact préalable n’avait été établi, aucun ordre du jour concerté. L’ancien gouverneur du Katanga a choisi de se tenir à distance d’une démarche qu’il jugeait unilatérale et désuète, marquant ainsi la fin de toute illusion d’un front commun piloté par celui qui était l’homme de Kingakati.
Cette clarification, désormais publique, redistribue les cartes dans l’opposition congolaise. Elle isole le camp Kabila et ses pantins de Nairobi et conforte Katumbi dans une posture de leadership autonome.
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