Alors que le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) approche du terme de son mandat fixé au 7 février 2026, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer la lenteur de ses actions et la déconnexion croissante entre le pouvoir transitoire et la réalité du pays. Dans un contexte de crise économique et humanitaire profonde, la population dit ne plus pouvoir attendre.
Une gouvernance marquée par l’inaction et les privilèges
Depuis sa mise en place, le CPT peine à convaincre. Présenté à l’origine comme une structure de stabilité et de relance, il est aujourd’hui critiqué pour son manque de résultats concrets et une gestion jugée distante des priorités nationales.
Les promesses de réforme, de relance économique et de sécurité n’ont pas été suivies d’effets tangibles. Pendant ce temps, la population continue de faire face à la flambée des prix, à la dégradation des services publics et à l’effritement du pouvoir d’achat.
Une classe moyenne appauvrie et un peuple oublié
La classe moyenne haïtienne, autrefois moteur de l’économie nationale, s’effondre progressivement sous le poids de l’inflation et du chômage. Les inégalités se creusent, alors que plus de 5 millions de personnes vivent aujourd’hui dans une situation d’insécurité alimentaire aiguë, selon les estimations des agences humanitaires.
Les critiques reprochent au CPT d’ignorer les urgences sociales, de ne pas soutenir les familles vulnérables ni d’offrir de solutions durables face à la pauvreté croissante.
Un coordonnateur contesté et souvent absent
Le coordonnateur du CPT, issu du secteur privé, concentre particulièrement les reproches. Depuis son entrée en fonction, ses nombreux déplacements à l’étranger sont perçus comme un signe de déconnexion face à la crise nationale.
La polémique s’est accentuée lorsque, alors que l’ouragan Melissa faisait déjà des victimes et des dégâts en Haïti, le coordonnateur a choisi de se rendre au Qatar. Une décision jugée inappropriée dans un moment de détresse nationale.
Un pays en crise multiple
Le secteur agricole, jadis colonne vertébrale de l’économie haïtienne, est à l’arrêt. Faute de programmes de soutien, les agriculteurs manquent de moyens pour produire et répondre à la demande locale.
Les petites et moyennes entreprises (PME), essentielles à la création d’emplois, ne bénéficient d’aucune mesure d’appui. Parallèlement, l’insécurité s’intensifie, freinant toute activité économique et accentuant le sentiment d’abandon au sein de la population.
Une transition à bout de souffle
À quelques mois de la fin de son mandat, le CPT est désormais perçu par une partie croissante de la société comme un pouvoir sans impact, déconnecté des réalités sociales et économiques.
Pour de nombreux observateurs, le règne du CPT aura été marqué par l’augmentation de l’insécurité, l’aggravation de la faim et l’absence de résultats concrets.
Alors que le pays affronte des défis multiples, la question demeure : Haïti peut-elle attendre le 7 février 2026 pour espérer un nouveau départ ?
De Port-au-Prince
Elizabeth JACQUES

