L’Assemblée nationale s’est choisie un nouveau président, presque à l’unanimité. Aimé Boji Sangara, candidat de l’Union sacrée, a été élu avec 413 voix sur 423, ce qui constitue l’un des scores les plus larges de la législature. Une élection sans suspense mais riche de symboles, tant elle intervient dans un moment où les institutions cherchent à consolider leur stabilité et leur efficacité. Ancien ministre du Budget, réputé méthodique et conciliant, Aimé Boji arrive au perchoir avec un programme centré sur la modernisation de la Chambre, l’amélioration des conditions de travail des élus et une promesse de gestion transparente. À Kinshasa, cette victoire confirme la cohésion de la majorité et ouvre une séquence politique décisive pour la structuration de la nouvelle législature.
Élu jeudi 13 novembre à l’issue d’une plénière au Palais du Peuple, Aimé Boji Sangara est devenu le nouveau président de l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo. Sur 423 députés nationaux, 413 ont porté leur voix sur le candidat unique de la majorité. Dix bulletins nuls complétaient le scrutin. « L’honorable Boji Sangara Aimé est ainsi élu président de l’Assemblée nationale conformément aux prescriptions de l’article 28 », a annoncé Jean-Claude Tshilumbayi, président intérimaire de la Chambre.
Cette victoire écrasante, attendue mais significative, s’inscrit dans un moment politique où la majorité cherche à afficher une unité solide après le renouvellement des institutions. Cadre central de l’Union sacrée, ancien ministre du Budget, Aimé Boji apparaît comme un profil de continuité, mais aussi de rigueur administrative, deux qualités qui semblent avoir convaincu aussi bien les élus chevronnés que les nouveaux parlementaires.
Dès son discours de candidature, il avait placé la question sociale au cœur de son programme. « Je veillerai à l’amélioration de votre condition de vie, à la mobilité et à la couverture médicale des élus du peuple, à la modernisation du cadre et des conditions de travail, ainsi qu’à la numérisation du processus législatif », a-t-il déclaré. Il a également promis une gestion administrative et financière « fondée sur la transparence » et une meilleure prise en charge du personnel de l’Assemblée, « maillon essentiel du fonctionnement de notre institution ».
Une majorité soudée et des attentes élevées
L’arrivée d’Aimé Boji au perchoir intervient dans un contexte où la stabilité institutionnelle est scrutée avec attention. La succession de Vital Kamerhe avait laissé la majorité face à un choix crucial : maintenir la cohésion interne tout en renforçant l’autorité du Parlement dans un paysage politique encore marqué par les tensions sécuritaires à l’Est et les réformes annoncées par l’exécutif.
En misant sur Aimé Boji, l’Union sacrée a envoyé un signal de discipline et de continuité. L’élection quasi unanime confirme une stratégie de recentrage autour de figures jugées fiables et expérimentées. Dans les couloirs du Palais du Peuple, plusieurs députés évoquaient un vote « de confiance », au-delà du simple alignement politique.
La mission qui attend le nouveau président est vaste : assurer une législature apaisée, garantir un contrôle parlementaire plus rigoureux et renforcer le dialogue avec le gouvernement. Le chantier de la numérisation de la procédure législative, déjà évoqué depuis plusieurs années, devrait connaître une nouvelle impulsion sous son mandat. Tout comme celui, sensible, de la transparence financière au sein de l’institution.
L’un des enjeux majeurs sera également d’améliorer la perception publique du Parlement, souvent critiqué pour ses lenteurs et ses privilèges. En faisant de l’amélioration des conditions de travail un axe central, Aimé Boji tente de répondre à la fois aux attentes internes et à la demande de modernisation institutionnelle exprimée par l’opinion.
Avec cette élection quasi unanime, l’Assemblée nationale ouvre une nouvelle séquence qui pourrait, si les engagements annoncés se concrétisent, renforcer sa crédibilité dans un paysage politique en recomposition. Aimé Boji, désormais deuxième personnalité de l’État, est attendu sur sa capacité à transformer le large consensus de son élection en dynamique de réforme durable.
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