Quarante ans après le dernier dénombrement national, la Commission nationale du recensement (CNR) vient d’arrêter le calendrier des opérations qui mèneront, en 2026, au premier recensement général entièrement numérique du pays. Réunie autour de la Première ministre Judith Suminwa, la Commission a validé les résultats de la cartographie pilote et planifié son extension sur l’ensemble du territoire. Entre impératifs budgétaires, coordination interministérielle et pression du temps, l’exécutif assume une stratégie de rigueur et de réalisme pour mener à bien cet exercice structurant, attendu depuis 1984 et indispensable à la planification du développement national.
La Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, a présidé jeudi 13 novembre à Kinshasa une réunion déterminante de la Commission nationale du recensement (CNR), consacrée à l’évaluation de la cartographie pilote du deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH2). Cette étape technique, menée entre avril et mai dernier, marque le véritable point de départ du dénombrement national, plus de quarante ans après le précédent recensement de 1984.
Ont pris part aux travaux les ministres directement impliqués dans l’exercice – Intérieur, Défense nationale, Budget, Plan, Affaires étrangères, Santé, Communication et Éducation – ainsi que la direction de l’Institut national de la statistique (INS) et le Bureau central du recensement (BCR). Une mobilisation rare, indiquant la priorité politique désormais accordée à cette opération de souveraineté.
Un calendrier resserré et une exigence de rigueur budgétaire
Dans sa restitution, Guylain Nyembo, ministre d’État en charge du Plan et vice-président de la CNR, a confirmé que la phase préliminaire est désormais « totalement achevée ». La Commission prépare à présent l’extension de la cartographie sur l’ensemble du territoire, indispensable pour éviter omissions et doubles comptages lors du dénombrement.
« Nous avons fait l’état des lieux de tout ce qui a été réalisé. La cartographie pilote est bouclée, et nous nous apprêtons à l’étaler sur toute la République », a précisé le ministre.
Sur le plan financier, l’exécutif assume une approche pragmatique. « Nous n’avons pas encore les 100 % du financement, mais nous mettons en avant ce qui est disponible aujourd’hui », a indiqué M. Nyembo. Environ 30 millions de dollars devront être réunis d’ici 2026, avec l’appui attendu de l’UNFPA et d’autres partenaires internationaux.
La stratégie gouvernementale repose désormais sur la mutualisation des efforts : partage d’infrastructures et d’opérations d’identification entre les ministères de l’Éducation, de la Santé et de l’Intérieur, qui travaillent déjà sur des bases de données complémentaires. « Nous optons pour le réalisme », a résumé le ministre, appelant à tirer parti de toutes les synergies disponibles.
Un recensement numérique pour une gouvernance fondée sur les données
Pour la Première ministre, qui avait personnellement lancé la cartographie pilote à Kasa-Vubu, ce recensement est un pilier de la planification nationale. Les opérations testées à Kinshasa, Bulungu (Kwilu) et Tshikapa (Kasaï) ont confirmé la faisabilité d’un processus quasi entièrement numérique, une première dans l’histoire du pays.
Judith Suminwa insiste sur l’enjeu stratégique : disposer de données fiables, actualisées et territorialement précises pour orienter les politiques publiques. « Ces données, le Gouvernement en a besoin pour une meilleure planification de ses actions », rappelait-elle en avril lors du lancement de la phase pilote.
Avec le calendrier désormais arrêté, le Gouvernement entend « passer à la vitesse supérieure » et engager la phase déterminante du RGPH2. Une opération titanesque, mais perçue comme un levier essentiel pour moderniser la gouvernance, affiner les politiques sociales et économiques, et définir enfin l’ampleur réelle de la population congolaise.
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