En posant la première pierre d’un Portail d’informations commerciales destiné à clarifier et fluidifier les procédures d’import-export, la République démocratique du Congo se rapproche des standards internationaux de transparence et de modernisation. L’outil, fruit d’un partenariat étroit avec la CNUCED, marque une étape stratégique dans l’application de l’Accord sur la facilitation des échanges de l’OMC, ratifié en juillet dernier. À l’issue de cinq jours d’ateliers, les membres du Comité national chargé de sa mise en œuvre ont été formés aux principes de simplification, d’harmonisation et de digitalisation. Kinshasa entend désormais accélérer la vulgarisation de ce portail auprès des opérateurs économiques et des administrations, tout en préparant l’accueil d’une mission du Centre intégré renforcé, signe de son ambition d’inscrire durablement le commerce congolais dans les chaînes de valeur mondiales.
La République démocratique du Congo a fait un bond dans la modernisation de ses échanges extérieurs avec la clôture, à Kinshasa, de l’atelier consacré au lancement du Portail d’informations commerciales (PIC). Cet outil, développé avec l’appui technique de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), vise à offrir aux opérateurs économiques, aux services publics et aux partenaires étrangers un accès unifié, fiable et transparent aux procédures liées au commerce transfrontalier.
Pendant cinq jours, les experts de la CNUCED ont formé les membres du Comité national de mise en œuvre de l’Accord sur la facilitation des échanges (CNFE), organe central chargé de veiller à l’application de l’accord de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Ratifié par la RDC en juillet 2025, ce texte engage le pays à renforcer la transparence, simplifier les démarches administratives, harmoniser les procédures et digitaliser les circuits commerciaux. Autant de piliers considérés comme essentiels pour réduire les coûts logistiques, améliorer la compétitivité et attirer les investissements.
S’exprimant au nom du ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, le secrétaire général Jules Muilu Mbo a insisté sur la portée stratégique du portail. « Avec le PIC et la formation des membres du CNFE, la RDC se met désormais en règle avec les exigences de l’OMC et renforce son intégration dans le commerce international, en y entrant comme un acteur majeur », a-t-il affirmé. Pour le ministère, cet outil n’est pas seulement un instrument technique mais un vecteur de crédibilité et de transformation.
Un levier pour renforcer la place du Congo dans le commerce international
Le lancement du PIC répond à une préoccupation ancienne des milieux économiques : la faible lisibilité des procédures d’import-export, souvent marquées par la multiplicité des intervenants et la disparité des informations. Grâce à ce portail centralisé, entrepreneurs, transporteurs, douaniers et partenaires internationaux auront accès à des données actualisées sur les exigences documentaires, les délais, les coûts, les normes à respecter ou encore les circuits institutionnels officiels.
Jules Muilu Mbo a également annoncé que la phase de vulgarisation débutera prochainement dans les provinces. « La formation des opérateurs économiques et des agents des différents services publics sera lancée sous peu », a-t-il promis, remerciant la CNUCED pour son accompagnement. Cette étape est considérée comme cruciale pour garantir l’appropriation de l’outil et éviter qu’il ne reste cantonné aux institutions centrales.
Au-delà du portail lui-même, la dynamique enclenchée par la ratification de l’Accord sur la facilitation des échanges ouvre d’autres perspectives. Une équipe d’experts du Centre intégré renforcé (CIR) est attendue à Kinshasa dans les prochaines semaines pour appuyer la préparation d’un programme-pays destiné au développement du commerce congolais. Cette mission s’inscrit dans le prolongement de deux engagements majeurs pris par la RDC : l’accord sur la facilitation des échanges et celui portant sur les subventions à la pêche.
Pour le gouvernement, ces avancées traduisent un changement de posture. La RDC, longtemps perçue comme en retrait des réformes structurelles du commerce mondial, veut désormais « rattraper le temps perdu » et s’affirmer comme un pays fiable, transparent et ouvert. Le PIC est conçu comme un premier jalon, susceptible d’entraîner une modernisation plus large de la chaîne logistique, de la douane aux infrastructures numériques.
Les représentants du secteur privé, présents lors de l’atelier, ont salué l’initiative tout en appelant à une mise en œuvre rapide. Selon eux, la réduction des délais et des formalités pourrait améliorer significativement l’attractivité du pays, notamment au profit des petites et moyennes entreprises encore confrontées à des coûts élevés. La digitalisation des procédures, combinée à une meilleure circulation de l’information, figure parmi les principales attentes.
Si les défis restent nombreux : coordination institutionnelle, équipements numériques, formation des agents, fiabilité des connexions, lutte contre les tracasseries, les autorités assurent que la volonté politique est désormais clairement posée. Le ministère du Commerce extérieur mise sur un pilotage rigoureux du CNFE et sur un accompagnement constant des partenaires internationaux pour consolider les avancées.
À travers ce portail, la RDC se projette dans une stratégie plus vaste : moderniser ses échanges pour mieux valoriser son potentiel agricole, minier et industriel, capter des flux régionaux croissants et sécuriser sa place au sein des chaînes de valeur mondiales. Un tournant que Kinshasa souhaite irréversible.
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