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8 décembre, 2025 - 06:05:18
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Washington, moment de vérité [Edito]

À Belgrade, Félix Tshisekedi n’a pas seulement consolidé l’axe diplomatique avec la Serbie : il a assumé devant une diaspora attentive une parole rare dans le concert africain. En affirmant que l’accord négocié sous l’égide des États-Unis avec le Rwanda ne deviendra jamais le cheval de Troie d’un affaiblissement de la souveraineté congolaise, le président a rompu avec les ambiguïtés qui minent depuis des années les processus de paix successifs. Le contexte rend cette fermeté indispensable : Goma et Bukavu sous occupation et Kigali poursuit sa stratégie de déstabilisation sous couvert de discours diplomatiques parfaitement rodés. Belgrade aura donc servi de scène à un recadrage salutaire.

Car le fond du problème demeure : malgré la médiation américaine, les avancées tangibles se font attendre. Le mécanisme conjoint de coordination accumule des signatures et des engagements, mais sur le terrain, les Congolais affrontent toujours la même réalité : celle d’un conflit alimenté par l’ingérence rwandaise, par le jeu trouble du M23 et par une duplicité qui ne trompe plus personne. Kigali, qui revendique la sécurité régionale, continue de nourrir l’instabilité qu’il prétend combattre. En rappelant la trahison de 2022, Tshisekedi n’a pas ressassé un passé douloureux ; il a rappelé un fait politique essentiel : aucune intégration régionale ne peut se bâtir sur le mensonge et la prédation.

Pourtant, la RDC ne renonce pas à la voie diplomatique. Au contraire, elle l’investit avec maturité. En participant activement au processus de Washington, en acceptant les mécanismes de vérification, en refusant les arrangements opaques, Kinshasa démontre qu’elle ne craint ni la transparence ni l’exigence. Cette posture tranche nettement avec la brutalité géopolitique de son voisin. Tshisekedi l’a redit : souveraineté, respect du droit international, fin des concessions militaires dangereuses. Autant de principes qui redonnent une cohérence attendue à l’action extérieure congolaise, longtemps entravée par les urgences sécuritaires.

Washington représentera donc bien plus qu’une étape protocolaire. Ce sera un test. Un moment où la RDC doit faire valoir une vérité simple : la paix ne se construit pas avec ceux qui la sabotent. Kigali devra cesser la duplicité, retirer ses troupes, respecter les engagements qu’il signe avec aisance mais applique avec réticence. La région ne peut plus fonctionner à deux vitesses : celle des discours rassurants et celle des armées clandestines.

À Belgrade, Tshisekedi a rappelé que la paix n’est ni un slogan ni une posture, mais une équation politique fondée sur la confiance, la vérification et la loyauté. La RDC avance avec ses alliés, avec ses responsabilités, avec son refus des fatalités imposées.

Il reste désormais à transformer cette fermeté en dynamique collective. Washington doit ouvrir une séquence de vérité : pour Kigali, pour les partenaires régionaux, et surtout pour un peuple congolais qui refuse, plus que jamais, de voir d’autres écrire son destin.

Infos27

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