À Belgrade, Félix Tshisekedi a dépassé le seul registre diplomatique avec la Serbie. Face à une diaspora réunie, il a clairement averti que l’accord conduit sous l’égide des États-Unis avec le Rwanda ne saurait, en aucun cas, devenir le cheval de Troie d’un affaiblissement de la souveraineté congolaise. Cette déclaration, brutale pour certains, salutaire pour beaucoup, s’inscrit dans un contexte où la chute de Goma et Bukavu a laissé l’opinion nationale en quête de certitudes et d’ancrages. La fermeté affichée à Belgrade répond à cette attente. Car le constat est implacable : malgré la médiation américaine, les avancées sur le terrain restent maigres. Le mécanisme conjoint de coordination progresse sur le papier, mais les Congolais, eux, vivent encore sous la menace d’un conflit nourri par l’ingérence de Kigali et la résistance d’un M23. Tshisekedi, en rappelant que l’intégration régionale ne peut survivre à la trahison de 2022, a replacé le débat au cœur des enjeux véritables : la paix ne se décrète pas ; elle se mérite, et elle exige des partenaires loyaux. Cette position n’est pas un repli. Au contraire. La RDC, en s’engageant pleinement dans le processus de Washington, démontre une maturité diplomatique qui contraste avec la brutalité géopolitique dont elle est souvent victime. Elle prend part, propose, structure et assume un rôle d’acteur régional. Le président le martèle : transparence, responsabilité, refus des arrangements militaires ambigus, maintien de l’intégrité territoriale : autant de principes qui redonnent à la diplomatie congolaise une cohérence trop longtemps esquissée, rarement consolidée. Washington représente désormais une étape décisive. Non pas pour sceller de nouvelles concessions, mais pour valider un cadre diplomatique où la RDC affirme sa voix, une voix ferme, argumentée, enracinée dans le droit international et le refus des prédations. L’exigence posée à Kigali est simple et légitime : le retrait des troupes, la fin de l’ambiguïté stratégique, le respect des engagements. Ni plus, mais certainement pas moins. À Belgrade, Tshisekedi a rappelé que la paix n’est ni un slogan ni un pari : c’est un rapport de forces équilibré, un dialogue exigeant, une confiance qui ne renaît qu’à la faveur d’actes vérifiables. La RDC, malgré les fractures et les drames, avance. Elle avance avec ses responsabilités, ses alliés et son exigence de vérité. Washington devra être plus qu’une étape diplomatique : un moment de vérité. Pour Kigali, pour la région, mais surtout pour un peuple congolais qui ne peut plus attendre que d’autres écrivent son destin.
En visite d’État à Belgrade, Félix Tshisekedi a multiplié les échanges de haut niveau avec les autorités serbes, tout en adressant un message politique clair à l’intention de Kigali. Reçu par Ana Brnabić, présidente de l’Assemblée nationale de Serbie, le chef de l’État a salué les « liens d’amitié profonds » entre les deux pays, fondés sur « le respect mutuel ». Belgrade a, de son côté, remercié Kinshasa pour son soutien constant à l’intégrité territoriale de la Serbie dans le dossier du Kosovo et plaidé pour un renforcement de la coopération parlementaire.
Plus tôt, le président s’était entretenu avec le Premier ministre Đuro Macut, confirmant la volonté partagée d’élargir le partenariat bilatéral, notamment dans les domaines sécuritaire et économique.
Tshisekedi durcit le ton : « Pas de brassage, pas de mixage »
Mais c’est devant la diaspora congolaise installée en Serbie que Félix Tshisekedi a livré ses messages les plus tranchants. Face à un public venu échanger librement avec lui, le président a d’abord salué « l’unité » et « la résilience » de ces compatriotes, rappelant leur rôle dans « la projection de l’image du pays à l’étranger ». Puis il a abordé le cœur du dossier qui domine la politique extérieure congolaise depuis des mois : la relation avec le Rwanda.
« Je me rendrai à Washington pour entériner l’accord signé avec le Rwanda sous l’égide des États-Unis, et qui a déjà été rendu public en toute transparence. Mais ne vous laissez pas berner : on ne fera ni brassage ni mixage », a-t-il martelé, dans des propos rapportés par sa cellule de communication.
Sur l’intégration régi

