La chute d’Uvira aux mains du M23 ravive les inquiétudes. En réponse, l’Union sacrée de la Nation, la plateforme au pouvoir, entend rallumer le réflexe national de résistance en appelant à une mobilisation généralisée le 19 décembre. En convoquant la rue, ses dirigeants affirment vouloir transformer l’indignation diffuse en une démonstration publique de souveraineté et de soutien aux Forces armées congolaises.
Alors qu’Uvira vient de tomber aux mains des rebelles du M23, l’Union sacrée de la Nation (USN) tente d’imprimer un virage politique net. Dans un communiqué publié le 11 décembre, la plateforme au pouvoir convie la population à une marche de protestation « sur l’ensemble du territoire national » le 19 décembre, présentée comme une réponse citoyenne à ce que Kinshasa qualifie d’« agression rwandaise ».
Selon l’USN, il s’agit de transformer un moment de vulnérabilité sécuritaire en un acte de cohésion nationale. Le Secrétaire permanent de la plateforme exhorte à une mobilisation « massive » destinée à soutenir les Forces armées de la RDC, engagées simultanément sur plusieurs fronts dans le Nord et le Sud-Kivu.
« La marche doit être un signal clair que les Congolais restent unis derrière leur armée », insiste un cadre de la plateforme, évoquant un contexte où les lignes de front se recomposent au rythme des attaques rebelles.
Un geste politique qui veut peser
Dans une scène politique dominée par l’urgence sécuritaire, cette initiative apparaît comme une manière pour la majorité présidentielle de reprendre la main. La marche est présentée comme un acte de « résistance citoyenne » visant à rappeler que la souveraineté n’est pas seulement un enjeu militaire, mais un marqueur identitaire dans lequel le pouvoir veut rassembler.
En appelant à descendre dans la rue au moment où les combats s’intensifient autour d’Uvira, l’USN entend envoyer un message politique ferme : la crise sécuritaire ne doit pas être laissée aux seules opérations militaires. La plateforme affirme vouloir « faire entendre la voix du peuple » face à une rébellion qui, depuis deux ans, déstabilise les provinces de l’Est et fragilise la présence de l’État dans plusieurs localités stratégiques.
Pour l’USN, cette mobilisation nationale doit symboliser le refus collectif de voir s’installer une nouvelle phase d’instabilité durable dans le Sud-Kivu. « Nous devons montrer que l’intégrité territoriale reste une ligne rouge », confie un proche du parti présidentiel, espérant que la rue permettra de « resserrer les rangs » entre institutions, armée et population.
Alors que la situation militaire demeure volatile et que les déplacements de civils se multiplient, la majorité mise sur cette démonstration de force civique pour rappeler que la souveraineté congolaise ne se négocie pas, et que l’unité nationale reste l’ultime levier face à l’avancée du M23.
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