Dans un contexte marqué par la chute d’Uvira et la recrudescence des affrontements entre les FARDC et le M23 au Sud-Kivu, la ministre d’État des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a choisi France 24 pour rappeler la position de Kinshasa : l’implication du Rwanda dans la rébellion est désormais étayée par de multiples sources internationales, et plus aucun progrès politique ne sera possible sans des signaux tangibles de la part de Kigali. Face à trente années de tensions récurrentes et d’accusations documentées, la cheffe de la diplomatie congolaise affirme que la confiance ne peut se reconstruire que sur des actes mesurables, alors que la RDC continue de payer un tribut humain considérable dans un conflit qui menace à nouveau l’équilibre régional.
La ministre d’État congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a réaffirmé l’implication du Rwanda aux côtés de la rébellion du M23 lors d’une interview accordée à France 24, dont un extrait a été diffusé jeudi sur son compte X. Elle a rappelé que « plusieurs rapports internationaux, notamment ceux de l’ONU et des États-Unis, ont établi cette responsabilité », insistant sur le fait que la RDC attend désormais de Kigali « des gestes concrets et crédibles » pour démontrer sa volonté réelle de s’engager dans un processus de paix durable.
Pour la cheffe de la diplomatie congolaise, l’histoire récente ne plaide guère en faveur de la confiance. « Si nous en sommes à 30 ans, nous sommes quand même en mesure de dire qu’il y a des actes qui ont été posés pendant ces 30 ans et même jusqu’à quelques semaines ou quelques jours, qui montrent que l’engagement ou le sérieux n’a pas toujours été à l’ordre du jour », a-t-elle déclaré.
Une mise en garde politique appuyée par des faits
Elle a rappelé que les combats actuels au Sud-Kivu opposent les FARDC à un M23 « équipé, formé, outillé et même appuyé directement par le Rwanda ». Selon elle, cette implication ne repose pas seulement sur des accusations congolaises : « Des antécédents ont été prouvés de manière objective, par les Nations unies et par les États-Unis d’Amérique, qui ont été les premiers à sanctionner des officiels rwandais. »
Thérèse Wagner estime que ces éléments nourrissent une méfiance accumulée au fil des années et qui ne pourra être dissipée qu’à travers des engagements concrets. « Le Rwanda a beaucoup à prouver quant à sa bonne foi et au sérieux qu’il met derrière les accords qu’il a signés », a-t-elle insisté.
La ministre a également souligné l’asymétrie du coût humain du conflit. « Quand il s’agit de ce conflit, nous sommes ceux qui perdons des milliers de vies humaines. Ce n’est pas le cas pour le Rwanda », a-t-elle rappelé, affirmant que Kinshasa ne pouvait accepter une poursuite du dialogue sans preuves tangibles du changement d’attitude de Kigali.
Pour la RDC, le message est clair : la paix ne pourra progresser que si le Rwanda démontre, par des actes, qu’il entend réellement rompre avec les dynamiques qui minent la région depuis trois décennies.
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