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10 mars, 2026 - 22:51:34
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L’Est de la RDC brûle, le monde regarde : jusqu’où laissera-t-on Kigali défier la paix ?

L’offensive déclenchée à Uvira par les Forces de défense du Rwanda, moins d’une semaine après la signature à Washington d’un accord de paix présenté comme une percée majeure, sonne comme un défi frontal lancé à l’ordre diplomatique naissant. Ce retour brutal de la violence, qui a déjà coûté la vie à des civils et jeté sur les routes plus de 200 000 déplacés, révèle la fragilité d’un équilibre que Kinshasa s’efforce pourtant de consolider avec constance. Le constat est sévère : Kigali a choisi l’escalade, rompant un cessez-le-feu encore frais de quelques jours. L’enjeu dépasse le seul front d’Uvira. Il touche à la crédibilité des processus de paix, de Washington à Doha, et interroge la volonté réelle du Rwanda de s’y conformer. Les tirs ayant atteint le territoire burundais rappellent, avec une précision inquiétante, à quel point la région des Grands Lacs demeure exposée à un emballement militaire que personne ne pourrait contrôler. En dénonçant clairement la responsabilité du Rwanda, le Groupe de contact international ne se contente pas d’acter une violation : il signale que l’heure de l’ambiguïté est révolue. Face à cela, la République démocratique du Congo adopte une position d’une rare cohérence. Elle maintient son engagement envers l’accord parrainé par Donald J. Trump, tout en affirmant lucidement qu’aucun processus de paix ne peut survivre aux provocations répétées ni à un mépris systématique des engagements. Cette fermeté n’a rien de bravache : elle est l’expression d’un État qui entend protéger sa population, préserver son territoire et affirmer que la paix n’est pas une faveur accordée, mais un droit fondamental. La communauté internationale ne peut se contenter de regrets attristés. Si elle veut éviter l’effondrement d’un cadre ardument construit, elle doit mobiliser tous les leviers diplomatiques et coercitifs dont elle dispose. À défaut, l’accord de Washington rejoindra la longue liste des promesses trahies dans une région qui mérite, plus que jamais, une paix juste, durable et respectée.

Kigali a franchi une nouvelle ligne rouge. Dans un communiqué publié lundi 10 décembre, le gouvernement congolais dénonce la « détérioration rapide » de la situation sécuritaire à Uvira, cible depuis plusieurs jours d’une offensive généralisée attribuée aux Forces de défense du Rwanda (RDF) et à leurs alliés du M23. Les combats, concentrés sur l’axe Kamanyola–Uvira, ont impliqué des drones kamikazes et de l’artillerie lourde, provoquant selon les autorités « des pertes en vies humaines parmi les civils » et des destructions majeures d’infrastructures.

Les conséquences humanitaires sont graves : plus d’une centaine de morts, plus de 200 000 nouveaux déplacés, et des milliers d’habitants en fuite, souvent sans accès aux soins. Le gouvernement dit exprimer sa « solidarité » aux populations d’Uvira, désormais prises au piège d’une intensification soudaine de la violence.

Un accord fragilisé à peine signé

La tension prend une dimension plus large en raison des engagements récents de Washington. À peine quelques jours après la signature d’un accord parrainé par l’ancien président américain Donald J. Trump, Kinshasa estime que Kigali a « tourné le dos » à ses obligations. De nouveaux tirs d’artillerie, partis de positions du M23 et franchissant la frontière burundaise dès le 4 décembre, ont accentué la crainte d’un embrasement régional.

Le Groupe de contact international (GCI), réuni d’urgence, a pointé « sans ambiguïté » la responsabilité du Rwanda dans cette escalade, renforçant la position congolaise sur la nécessité de mesures coercitives.

« Face au mépris affiché par le Rwanda », indique le communiqué, des sanctions ciblées devraient désormais être envisagées par les garants du processus, afin de préserver la crédibilité de l’Accord de Washington.

Un appel à une réponse internationale ferme

Kinshasa demande aux facilitateurs des processus de Washington, de Doha et à la médiation africaine d’« utiliser pleinement leur arsenal politique et diplomatique » pour faire cesser les hostilités. Le gouvernement en appelle également au Conseil de sécurité des Nations unies, invité à veiller à l’application stricte de la résolution 2773 (2025), notamment en matière de protection des civils et de cessation de tout soutien étatique aux groupes armés.

Malgré la gravité de la situation, Kinshasa réaffirme sa volonté de s’en tenir aux accords signés, tout en avertissant qu’elle « ne renoncera jamais à son droit légitime à la sécurité, à la protection de sa population et à la défense de l’intégrité de son territoire ».

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