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Kinshasa
1 novembre, 2026 - 17:30:20
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Le Rwanda au banc des accusés : le Conseil de sécurité face à l’épreuve de la crédibilité

Vendredi 12 décembre 2025, le Conseil de sécurité des Nations unies a tenu une session au ton inhabituellement aigu : les grandes puissances, la RDC et plusieurs pays voisins ont interrogé brutalement la réalité même du processus de paix entamé à Washington le 4 décembre. Ce qui devait être un point de départ vers la désescalade a, en l’espace de quelques jours, été suivi d’une offensive qui a précipité la chute d’Uvira et le déplacement massif de centaines de milliers de civils. Devant le monde, les États-Unis ont livré un réquisitoire sans détour, accusant Kigali de diriger, d’équiper et de soutenir militairement le M23, et évoquant le déploiement de systèmes d’armes sophistiqués et l’usage croissant de drones suicide. La voix congolaise, portée par Thérèse Kayikwamba, a martelé la même thèse : la RDC a choisi la diplomatie et respecté des engagements qui ont été “récusés” dès le lendemain par des actes de guerre. Le Royaume-Uni et le Burundi, eux aussi, ont dressé des constats accablants : humanitaire, sécuritaire et juridique et demandé au Conseil d’agir. Ce rendez-vous onusien se transforme en un révélateur : soit le multilatéralisme impose des conséquences à ceux qui violent les accords et les résolutions, soit il révèle sa propre impuissance. Or, face à la logique de force brandie par des acteurs qui n’hésitent plus à dépasser les frontières, l’échec du Conseil reviendrait à transformer le droit en rhétorique, et la diplomatie en une série de signatures sans effet. À l’heure où l’Est congolais bascule à nouveau dans la violence, la question posée devant New York est simple et lourde de sens : la communauté internationale est-elle prête à traduire en actes ses paroles de solidarité ou acceptera-t-elle que l’impunité devienne la règle ?

Washington en première ligne : accusations précises et menace de riposte

Le représentant des États-Unis est intervenu sur un ton à la fois solennel et accusateur. Rappelant la médiation américaine qui avait abouti à la rencontre de Washington entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame, il a estimé que l’accord signé le 4 décembre constituait « un signal clair et un effort en faveur de la paix ». Mais la tonalité a vite basculé : selon le délégué américain, les faits postérieurs à la signature démontrent une volonté délibérée de saborder le processus. « Le Rwanda a contrôlé le M23 et l’AFC afin d’arriver aux objectifs géopolitiques du Rwanda dans l’Est de la RDC », a déclaré le représentant états-unien, en détaillant des allégations lourdes : instructions données par Paul Kagame, déploiement sur le terrain de forces rwandaises aux côtés du M23, livraison d’armements sophistiqués et de missiles sol-air ainsi qu’un recours accru aux drones suicides et à l’artillerie.

La charge américaine ne s’est pas limitée à des faits militaires : elle a aussi ciblé la dimension politique et morale du geste de Washington. Après avoir vanté le rôle du président Trump dans la facilitation de l’accord, le représentant a estimé que « au lieu d’avancer vers la paix… le Rwanda mène la région vers une instabilité croissante et vers la guerre ». Et d’ajouter que les États-Unis « utiliseront tous les outils à notre disposition pour tenir responsables les auteurs de ces actions ». Cette posture renvoie la balle au Conseil : traduire en actes la défense de la souveraineté congolaise ou, à défaut, accepter que la signature d’un accord ne soit qu’un acte symbolique sans force contraignante.

Kinshasa : la diplomatie bafouée, la douleur des populations au cœur de l’accusation

Du côté congolais, la ministre d’État et chef de la diplomatie, Thérèse Kayikwamba, a déroulé un réquisitoire concordant. « Moins de 24 heures après la signature, les faits ont contredit les engagements pris : bombardements, drones explosifs, avancées coordonnées autour d’Uvira », a-t-elle déclaré, en qualifiant dâ€