Le geste est modeste. Le symbole, lui, est fort. À Butembo, dans le Nord-Kivu, 51 jeunes ont planché dimanche sur les épreuves écrites du concours de recrutement de la Police nationale congolaise (PNC). Une étape décisive, organisée dans la salle Jubilé d’Argent de l’Université de l’Assomption au Congo, pour des candidats appelés à renforcer des effectifs soumis à une pression sécuritaire constante.
Le processus, qui se poursuit dans plusieurs entités de la province, s’inscrit dans une volonté affichée de rajeunissement et de professionnalisation de la police. À Butembo, les épreuves écrites constituaient un préalable aux examens médicaux, considérés comme déterminants dans la sélection finale.
La supervision a été assurée par le commissaire supérieur principal Benda Mukato, directeur de l’école de police de Mugunga, à Beni, entouré de plusieurs autorités policières provinciales. Une session parallèle s’est tenue au même moment à Kambali, dans la commune de Vulamba, signe d’un déploiement simultané du concours sur le territoire.
Former des policiers, reconstruire la confiance
Pour les responsables de la PNC, l’enjeu dépasse le simple recrutement. Il s’agit de sélectionner des jeunes « capables, disciplinés et conscients de leurs responsabilités », aptes à assurer la sécurisation des personnes et des biens dans une province marquée par l’insécurité. Les copies seront acheminées à Kinshasa pour correction, avant la publication officielle des résultats. Les candidats retenus devront ensuite passer les tests médicaux, dernière étape avant leur enregistrement et leur départ en formation à Bunia, en Ituri.
Le contenu du concours, centré sur l’éducation civique et la citoyenneté, a été conçu comme un filtre de valeurs autant que de connaissances. Une orientation assumée, à l’heure où la relation entre forces de l’ordre et population reste fragile dans plusieurs zones du pays.
Un regret, toutefois, a été formulé par les organisateurs : la faible participation des femmes. Un appel a été lancé aux familles pour encourager davantage les jeunes filles à embrasser la carrière policière, dans un corps encore largement masculin.
À Butembo, ces 51 copies ne changeront pas, à elles seules, l’équation sécuritaire du Nord-Kivu. Mais elles disent une chose : dans un contexte éprouvé, l’État continue de miser sur le recrutement et la formation pour tenter de restaurer l’autorité et la confiance.
Justin Mupanya

