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Kinshasa
16 juillet, 2026 - 21:44:25
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Affaire « Zua ye Tshombo » : la justice militaire condamne des policiers et rappelle la ligne rouge

La séquence avait choqué. Elle a désormais une traduction judiciaire. À Kinshasa, la justice militaire a sanctionné des policiers de la Police nationale congolaise filmés en uniforme, chantant l’apologie de l’extorsion de téléphones portables. Devenue virale, la vidéo a cristallisé une colère diffuse contre les abus attribués aux forces de l’ordre. Jugée en procédure de flagrance, l’affaire dite « Zua ye Tshombo » s’est soldée par des peines de prison ferme, des acquittements et un sursis. Au-delà des condamnations individuelles, la décision se veut un signal politique et institutionnel : rappeler que la discipline, la déontologie et le respect du citoyen ne relèvent ni de la plaisanterie ni des réseaux sociaux. Dans un contexte de défiance persistante, la justice militaire entend tracer une frontière nette entre autorité légitime et comportements qui discréditent l’État.

Le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/N’djili a statué mardi 20 janvier 2026, en procédure de flagrance, sur une affaire devenue emblématique. Cinq éléments de la Police nationale congolaise comparaissaient pour s’être volontairement filmés puis avoir diffusé une vidéo les montrant en train de chanter « Zua ye Tshombo, tika ye akende » « prends-lui le téléphone et laisse-le partir ».

À l’issue des débats, trois prévenus : Sindani, Kabamba et Kiadi ont été reconnus coupables et condamnés chacun à trois ans de servitude pénale principale, assortis de frais de justice fixés à 200 000 francs congolais. Le tribunal a en revanche acquitté Kasongo, poursuivi pour non-dénonciation, estimant les faits insuffisamment établis. Tuzolana, poursuivi pour le même chef, a été condamné à douze mois de servitude pénale avec sursis.

Réseaux sociaux, discipline et responsabilité

À la barre, les prévenus ont reconnu les faits, plaidant la légèreté et l’absence d’intention de nuire. Une ligne de défense que la juridiction n’a pas suivie. La diffusion de contenus en uniforme, surtout lorsqu’ils portent atteinte à l’image de la police, demeure strictement interdite, a rappelé le tribunal, soulignant que la violation des consignes constitue une infraction grave en droit congolais.

La vidéo avait suscité une indignation massive en ligne, renforçant le sentiment d’abus de pouvoir dénoncé par une partie de l’opinion. Par sa décision, la justice militaire affirme vouloir « adresser un signal fort » à l’ensemble des forces de sécurité : l’autorité se conjugue avec exemplarité. Et les réseaux sociaux, a-t-elle implicitement rappelé, ne sauraient être un terrain d’impunité.

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