La stratégie n’est plus seulement militaire. Elle devient politique et psychologique. À Kwamouth, territoire meurtri du Maï-Ndombe, le gouvernement tente une nouvelle voie pour désarmer les miliciens Mobondo : convaincre plutôt que traquer. Conduite par le ministre délégué à la Défense, Eliezer Ntambwe, une mission officielle de pacification a été dépêchée sur place pour encourager la reddition volontaire et relancer un processus de paix enlisé depuis trois ans. Objectif affiché : déposer les armes, rétablir l’autorité de l’État et rouvrir un territoire paralysé par l’insécurité.
À Kwamouth, le gouvernement envoie de nouveau des émissaires là où les armes ont longtemps parlé.
À la tête de la mission : Eliezer Ntambwe, ministre délégué à la Défense, chargé des anciens combattants. Mandat clair : pousser les miliciens Mobondo à déposer les armes.
Pas d’offensive spectaculaire. Pas d’annonce martiale. Une stratégie de persuasion.
« Nous sommes venus spécialement pour rencontrer ceux qui sont ou étaient dans le mouvement Mobondo afin de les sensibiliser à remettre les armes », explique le ministre.
Selon lui, certains combattants se montrent « disponibles » et « disposés » à adhérer au processus de paix. Un signal fragile. Mais jugé encourageant.
Un territoire paralysé par l’insécurité
Car au-delà du conflit, c’est toute une région qui s’asphyxie.
Routes dégradées. Accès difficile à Bandundu-ville. Services publics absents. Projets gelés.
« Les programmes du gouvernement ne peuvent pas commencer parce que les gens ne veulent pas prendre le risque de l’insécurité », constate Ntambwe. Kwamouth vit au ralenti.
Depuis l’émergence du phénomène Mobondo, les initiatives se succèdent. Résultats inégaux.
En 2022, une première mission coutumière avait permis quelques redditions et la récupération d’armes.
En 2024, des engagements avaient été signés devant le chef de l’État. Promesses de cessation des hostilités. Elles n’ont pas tenu.
En septembre de la même année, nouvelles résolutions : renforcement des services de sécurité, installation de postes judiciaires, procès publics. Là encore, peu d’effets concrets.
Les forums de paix annoncés pour 2025 se font toujours attendre.
Le gouvernement semble miser sur une approche graduelle : restaurer la confiance, encourager les sorties individuelles, isoler les irréductibles. Dialoguer, sans paraître céder. Rétablir l’État, sans ouvrir la voie à l’impunité. L’équilibre est délicat.
Mais à Kwamouth, l’urgence est palpable. Car sans sécurité, ni développement, ni administration, ni justice ne peuvent s’installer durablement. Et sans retour de l’État, la violence prospère.
Infos27

