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Kinshasa
13 mai, 2026 - 20:17:18
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Reconnaissance des génocides en RDC : le gouvernement valide la feuille de route nationale des droits humains

La mémoire devient un chantier d’État. Réuni autour du ministre des Droits humains, Samuel Mbemba Kabuya, le gouvernement congolais a validé, mercredi 4 février, la feuille de route 2026 destinée à mettre en œuvre la stratégie nationale de reconnaissance des génocides commis sur le territoire de la RDC. Portée par une instruction directe du président de la République, cette démarche combine initiatives législatives, plaidoyer diplomatique, mobilisation parlementaire et soutien à la recherche historique. Objectif affiché : faire reconnaître, au plan national et international, l’ampleur des crimes documentés depuis des décennies et lutter contre le négationnisme. Derrière l’agenda technique se joue une bataille politique et mémorielle majeure, à la croisée du droit, de la diplomatie et de la justice transitionnelle.

À la suite de la 76ᵉ réunion extraordinaire du Conseil des ministres, le chef de l’État, Félix Tshisekedi, a instruit l’exécutif de déployer, par l’entremise du ministère des Droits humains, une stratégie nationale pour la reconnaissance, sur les plans national et international, des génocides commis sur le territoire congolais.

C’est dans ce cadre que le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba Kabuya, a réuni mercredi 4 février les responsables du Fonds national de réparation des victimes des violences sexuelles liées aux conflits et des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV) et de la Commission interministérielle d’aide aux victimes et d’appui aux réformes (CIA-VAR).

Objectif : valider la feuille de route opérationnelle pour l’exercice 2026.

Législation, diplomatie, recherche : trois axes prioritaires

Les discussions ont porté sur un ensemble d’actions articulées autour de trois leviers principaux.

D’abord, le cadre juridique. Les participants ont évoqué la conception d’un avant-projet de loi consacré à la préservation du patrimoine mémoriel des crimes internationaux commis en RDC, assorti de dispositions visant à réprimer le négationnisme.

Ensuite, le dialogue politique. Des concertations de haut niveau sont prévues avec les membres du gouvernement, l’Assemblée nationale et le Sénat, ainsi qu’avec les commissions parlementaires concernées, afin de créer un consensus institutionnel sur cette démarche.

Enfin, le volet international. Des échanges sont programmés avec le corps diplomatique accrédité à Kinshasa, pour porter la question sur la scène extérieure et renforcer la reconnaissance multilatérale.

Un fonds de soutien à la recherche sur le « Génocost » et sur les crimes documentés doit également être mis en œuvre afin d’encourager les travaux historiques, juridiques et scientifiques.

Une reconnaissance recherchée au-delà des frontières

Pour le ministre, la finalité de ces initiatives est clairement assumée.

« La reconnaissance effective par les États et les organisations internationales des génocides commis en RDC devra constituer l’aboutissement de toutes ces actions », a-t-il déclaré au cours de la réunion.

Kinshasa met notamment en avant les conclusions déjà adoptées par la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, qui a reconnu l’ampleur des crimes perpétrés dans l’Est du pays.

Les autorités congolaises estiment que cette dynamique doit désormais être élargie à d’autres partenaires internationaux.

Un agenda mémoriel inscrit dans la durée

Au-delà de la dimension diplomatique, le gouvernement entend inscrire cette stratégie dans le temps long, en structurant les politiques publiques autour de la mémoire, de la réparation et de la justice transitionnelle.

Dans cette perspective, la clôture de l’atelier de rédaction du rapport sur les violations des droits humains documentées à Goma et à Bukavu a été reportée du 7 au 14 février, afin de consolider les contributions techniques.

Ce travail doit servir de base factuelle à la stratégie nationale.

Entre devoir de mémoire et bataille politique

Cette feuille de route ne se limite pas à une initiative administrative. Elle s’inscrit dans un débat plus large sur la qualification juridique des violences qui ont marqué l’histoire récente du pays, ainsi que sur les responsabilités internationales.

En plaçant la reconnaissance des génocides au cœur de l’action publique, Kinshasa cherche à transformer la mémoire des victimes en levier diplomatique et politique.

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