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Kinshasa
17 juillet, 2026 - 03:16:44
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Télécommunications : Kinshasa ouvre une enquête sur l’usage présumé illégal de fréquences par MTN Rwanda

La souveraineté numérique n’est plus un concept théorique. À Kinshasa, le gouvernement a convoqué régulateur et opérateurs pour examiner des soupçons d’utilisation non autorisée de fréquences congolaises par une société rwandaise. Derrière ce dossier technique se joue une question stratégique : le contrôle du spectre national, ressource clé pour la sécurité, l’économie et les communications publiques. La Première ministre a ordonné des vérifications immédiates et n’exclut pas des recours internationaux. Une riposte graduée, qui traduit la volonté de l’État de reprendre la main sur un secteur sensible.

La République démocratique du Congo est montée au créneau sur un dossier mêlant technologie et souveraineté nationale.

Mardi 10 février 2026, à la Primature, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a présidé une séance de travail consacrée à des allégations d’exploitation non autorisée de fréquences congolaises par MTN Rwanda.

Autour de la table : le ministre des Postes, Télécommunications et Numérique José Mpanda Kabangu, le président de l’Autorité de régulation des postes et télécommunications du Congo (ARPTC) ainsi que les principaux opérateurs actifs sur le marché congolais : Airtel Africa, Orange et Vodacom.

Un spectre stratégique sous surveillance

Au cœur des discussions : des informations faisant état d’une possible utilisation, depuis le Rwanda, de fréquences relevant du territoire congolais, sans autorisation préalable.

Un sujet jugé sensible, à la fois pour ses implications techniques : interférences, perturbations du réseau, concurrence déloyale et pour ses dimensions juridiques et sécuritaires.

« Nous avons été reçus (…) au sujet de l’occupation de notre territoire par une société rwandaise qui commence à exercer dans notre pays en utilisant nos fréquences sans autorisation », a déclaré José Mpanda Kabangu.

Pour le ministre, la question « touche directement à la souveraineté nationale » et nécessite « une approche coordonnée ».

Une réponse d’abord technique

La Première ministre a opté pour une riposte graduée.

Priorité aux faits. L’ARPTC a été chargée de conduire des vérifications approfondies, d’établir un état des lieux technique précis et de communiquer officiellement sur ses conclusions.

« La question reste technique. Une communication technique se fera autour de la question et les instances politiques viendront après », a insisté le ministre.

Si les éléments venaient à confirmer une exploitation irrégulière, Kinshasa n’exclut pas de saisir les instances internationales de régulation des télécommunications.

Au-delà du contentieux, un enjeu plus large

Cette réunion s’inscrit dans un contexte régional où les couvertures transfrontalières et les chevauchements de fréquences demeurent fréquents. Mais pour l’exécutif, il s’agit avant tout d’affirmer l’autorité de l’État sur un secteur stratégique.

Les échanges ont également porté sur la qualité des services, notamment dans les zones mal desservies comme la Mongala, et sur la mise en œuvre de la participation congolaise obligatoire de 5 % dans le capital des opérateurs, conformément aux orientations du président Félix Tshisekedi Tshilombo.

Un même fil conducteur : protéger l’espace numérique national, améliorer la connectivité et renforcer la souveraineté économique.

Infos27

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