À Addis-Abeba, en marge du 39e Sommet ordinaire de l’Union africaine, la mise en œuvre effective de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) s’est invitée au premier plan des discussions stratégiques. Le ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a échangé avec le secrétaire général de la ZLECAF, Wamkele Mene, sur deux leviers majeurs : l’implication des ministres des Finances dans l’application du démantèlement tarifaire et la modernisation des frontières entre la RDC et plusieurs pays d’Afrique australe. Objectif affiché : lever les obstacles douaniers, fluidifier le commerce intra-africain et accélérer l’intégration économique du continent.
En marge du 39e Sommet ordinaire des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, prévu du 14 au 15 février à Addis-Abeba sous le thème « Assurer la disponibilité de l’eau et des systèmes d’assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 », le ministre du Commerce extérieur de la RDC, Julien Paluku Kahongya, a tenu une réunion stratégique avec le secrétaire général de la ZLECAF, Wamkele Mene.
Au cœur des échanges : l’accélération de la mise en œuvre effective de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), notamment à travers le démantèlement tarifaire et l’implication directe des ministres des Finances pour donner des instructions claires aux administrations douanières.
Démantèlement tarifaire et rôle des ministres des Finances
Selon Julien Paluku, les chefs d’État souhaitent évaluer le niveau de mise en œuvre de la ZLECAF, présentée comme « la solution au développement du continent ».
« Nous avons eu des échanges très, très fructueux avec le secrétaire général de la ZLECAF pour analyser l’évolution de la mise en œuvre de la zone de libre-échange continentale. Beaucoup craignent que lorsqu’on va ouvrir les frontières, on perde suffisamment de recettes au niveau des douanes. Mais le libre-échange ne concerne que les produits d’origine africaine », a-t-il expliqué.
Le ministre a insisté sur la nécessité d’impliquer les ministres des Finances afin qu’ils instruisent les douanes à appliquer les décisions déjà prises par les chefs d’État, notamment la décote progressive de certaines taxes.
« Nous devons nous délester de certaines taxes pour permettre que les produits africains puissent circuler librement. Les études ont démontré que d’ici 2030, lorsque la zone sera totalement mise en œuvre, notre PIB augmentera de plusieurs milliards de dollars américains », a-t-il ajouté.
Modernisation des frontières en Afrique australe
Le second point majeur abordé concerne la modernisation et la digitalisation des postes frontaliers entre la RDC et plusieurs pays d’Afrique australe : Zambie, Zimbabwe, Botswana et Afrique du Sud.
La frontière de Kasumbalesa, entre la RDC et la Zambie, figure parmi les priorités. L’objectif est de mettre en place des postes frontaliers à arrêt unique et de réduire significativement le temps de transit des marchandises.
Julien Paluku a évoqué l’intérêt du groupe DP World pour accompagner ces projets, notamment en matière de digitalisation et de dématérialisation des procédures. « Nous allons nous retrouver bientôt à Dubaï, sous l’égide du secrétariat de la zone de libre-échange continentale, avec DP World et les ministres concernés, pour adopter ensemble les modalités de construction et de modernisation de nos frontières », a-t-il précisé.
Les ministres du Commerce des pays concernés doivent se réunir le 18 février prochain à Dubaï afin de définir les modalités concrètes de cette coopération.
Une dynamique d’intégration économique
Pour la RDC, ces initiatives s’inscrivent dans une stratégie plus large d’intégration régionale et de fluidification des échanges commerciaux. La modernisation des infrastructures frontalières et la mise en œuvre effective du démantèlement tarifaire sont présentées comme des conditions essentielles pour dynamiser le commerce intra-africain.
Le ministre a toutefois indiqué que les résolutions finales du sommet seront communiquées à l’issue des travaux des chefs d’État.
À Addis-Abeba, la ZLECAF apparaît ainsi comme un chantier prioritaire, appelé à transformer structurellement les économies africaines si les engagements politiques se traduisent en mesures opérationnelles sur le terrain.
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