À l’occasion du 20ᵉ anniversaire de la Constitution de la République démocratique du Congo, l’Association nationale des victimes du Congo (ANVC) plaide pour une révision du texte fondamental. L’organisation estime que plusieurs dispositions ne correspondent plus aux réalités politiques et sociales actuelles et appelle les autorités à engager un débat sérieux sur l’avenir institutionnel du pays.
Vingt ans après sa promulgation, le 18 février 2006, la Constitution de la République démocratique du Congo est jugée dépassée par l’Association nationale des victimes du Congo (ANVC). À l’occasion de cet anniversaire, cette organisation de la société civile estime que la loi fondamentale en vigueur ne répondrait plus aux réalités politiques, sociales et institutionnelles actuelles du pays.
Dans une interview accordée ce jeudi 19 février à Infos27.cd, l’ANVC a plaidé pour une révision constitutionnelle, soulignant que plusieurs dispositions du texte seraient aujourd’hui inadaptées au contexte national. Selon elle, l’évolution du paysage politique, l’émergence de nouveaux défis sociopolitiques et les exigences institutionnelles contemporaines rendent nécessaire une mise à jour de la Constitution.
« La Constitution en vigueur ne répond plus aux réalités du pays. Elle est devenue obsolète. Nous estimons qu’il est nécessaire de la réviser afin qu’elle soit en adéquation avec les valeurs républicaines actuelles », a déclaré la coordonnatrice nationale de l’organisation.
Pour l’ANVC, une Constitution ne saurait être un texte figé. Elle doit, au contraire, évoluer avec la société qu’elle encadre, afin de consolider l’État de droit, de renforcer la stabilité institutionnelle et de répondre aux attentes des citoyens en matière de justice et de gouvernance.
Dans cette dynamique, l’association rappelle avoir engagé une démarche citoyenne auprès du Parlement, matérialisée par le dépôt d’une pétition ayant recueilli plus de cent mille signatures. Un soutien populaire qui, selon elle, témoigne d’une volonté collective de voir la République démocratique du Congo se doter d’un cadre constitutionnel mieux adapté aux défis actuels.
La révision envisagée viserait notamment à corriger certaines faiblesses du texte actuel, à améliorer le fonctionnement des institutions et à favoriser une plus grande cohésion nationale. L’ANVC précise toutefois que cette initiative ne s’inscrit pas dans une logique de remise en cause des institutions, mais plutôt dans une perspective de modernisation du cadre juridique suprême.
Estimant qu’une Constitution déconnectée de l’évolution d’une nation peut freiner le progrès démocratique et la stabilité, l’association appelle les autorités compétentes à examiner sa requête avec sérieux, dans l’intérêt supérieur de la République.
Cet appel intervient dans un contexte où la question de la révision constitutionnelle demeure un sujet sensible et récurrent du débat politique congolais, souvent perçu comme un enjeu majeur pour l’avenir institutionnel du pays.
Stony Mulumba, correspondant à Kananga

