Un appel clair à transformer les discours en actes. À l’occasion de la clôture du mois de la femme à l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP), la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a placé l’inclusion économique des femmes au cœur des réformes à venir. Devant un parterre d’actrices du secteur public, elle a exhorté à lever les barrières à l’accès des PME féminines à la commande publique et à faire de la transparence un levier d’émancipation.
La clôture du mois de mars dédié aux droits des femmes a pris, lundi soir à Kinshasa, une dimension à la fois symbolique et stratégique à l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP). Invitée d’honneur de la cérémonie organisée par le Comité Genre de l’institution, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a lancé un appel appuyé en faveur d’une inclusion accrue des femmes dans les mécanismes économiques, en particulier dans le secteur de la commande publique.
Placée sous le thème « La femme, actrice stratégique du développement économique national », la rencontre a réuni responsables institutionnels, cadres de l’ARMP et expertes engagées dans la promotion de l’égalité des genres. En sa qualité d’autorité de tutelle, la cheffe du gouvernement a tenu à saluer le rôle des femmes œuvrant dans la régulation des marchés publics, un secteur clé pour la transparence et la gouvernance économique.
Dans son intervention, elle a insisté sur la nécessité de dépasser les déclarations d’intention. « Le défi que je vous lance aujourd’hui est celui de l’inclusion », a-t-elle affirmé, appelant à des réformes concrètes. Elle a notamment exhorté les responsables du secteur à « briser les barrières à l’entrée pour les PME féminines, encourager l’expertise féminine et utiliser les partenariats public-privé comme levier pour l’autonomisation économique des femmes ».
En amont, le Directeur général de l’ARMP, Claude Kayembe Mbayi, a salué la présence de la Première ministre, qu’il a qualifiée de « signal fort » pour les collaboratrices de l’institution. « En vous regardant, elles ne voient pas seulement une autorité politique. Elles voient un miroir de leurs propres ambitions », a-t-il déclaré, tout en plaidant pour un renforcement du rôle régalien de l’ARMP afin de consolider « la transparence, l’équité et la probité » dans la gestion des marchés publics.
Créé en 2014, le Comité Genre de l’ARMP s’est progressivement imposé comme un cadre de promotion et de valorisation des femmes au sein de l’établissement. Sa présidente, Charlotte Bagbalanga, a rappelé le chemin parcouru tout en soulignant le caractère inédit de cette participation gouvernementale. « C’est la toute première fois qu’une autorité de tutelle accepte non seulement de s’intéresser à nos activités, mais aussi de se déplacer pour y participer », a-t-elle relevé.
La cérémonie a également été marquée par des témoignages inspirants, à l’image de celui de Micheline Batamba Bafenda, Directrice administrative et financière et première femme à accéder à un poste de direction au sein de l’ARMP. Revenant sur son parcours, elle a encouragé ses consœurs à persévérer. « Ne laissons jamais quelqu’un définir les limites de nos rêves. La compétence n’a pas de genre, la rigueur n’a pas de genre », a-t-elle lancé, suscitant l’adhésion de l’audience.
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