À Kinshasa, le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) resserre l’étau sur l’environnement médiatique. Réunis en 42ᵉ session plénière, ses membres ont examiné des dossiers de régulation, validé de nouvelles autorisations pour des radios communautaires et dressé un état des lieux préoccupant de la situation salariale interne. Entre impératif de gouvernance, discipline du secteur et contraintes budgétaires persistantes, l’organe de régulation affiche une volonté de structuration durable du paysage médiatique congolais, tout en appelant à des efforts supplémentaires pour stabiliser son fonctionnement.
Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) a tenu, jeudi à Kinshasa, sa 42ᵉ session ordinaire de l’Assemblée plénière, centrée sur l’assainissement de l’environnement médiatique et le suivi de ses réformes internes. Cette réunion stratégique, présidée par Christian Bosembe, s’inscrit dans un contexte marqué par des exigences accrues de régulation et de professionnalisation du secteur des médias en République démocratique du Congo.
Dès l’ouverture des travaux, le président du CSAC a rappelé les priorités de l’institution. « Cette session s’inscrit dans notre mission de régulation efficace des médias, de la promotion de la démocratie et de la consolidation de la gouvernance interne », a déclaré Christian Bosembe. Une prise de position qui traduit la volonté du régulateur de renforcer son rôle face aux défis liés à la prolifération des contenus et aux dérives observées dans le paysage médiatique.
Au cœur des échanges, plusieurs dossiers relatifs à la régulation ont été examinés, notamment en matière de conformité des organes de presse et de respect des normes en vigueur. Le CSAC poursuit ainsi son objectif d’assainissement du secteur, en veillant à encadrer les pratiques et à responsabiliser les acteurs médiatiques. Cette dynamique s’accompagne d’un effort de sensibilisation, visant à promouvoir un journalisme respectueux de l’éthique et des principes démocratiques.
Parallèlement aux questions de régulation, la plénière a été informée de l’état d’avancement du processus d’alignement des agents du CSAC aux états liquidatifs du nouveau barème salarial. Un chantier interne crucial, mais encore confronté à des contraintes budgétaires. Le vice-président du Conseil a indiqué que la reconduction, par le gouvernement, des tableaux salariaux du premier trimestre au deuxième trimestre 2026 impose aux membres et cadres de « serrer la ceinture ». En conséquence, ces derniers devront recourir à un système de paie complémentaire pour les deux premiers trimestres de l’année, en attendant un alignement effectif prévu pour juillet 2027.
Cette situation met en lumière les difficultés structurelles auxquelles fait face l’institution, malgré son rôle central dans la régulation du secteur médiatique. Elle souligne également l’écart entre les ambitions affichées et les moyens disponibles pour les concrétiser pleinement.
Sur le plan opérationnel, la session a débouché sur des décisions concrètes. Avant la clôture des travaux, les membres du CSAC ont accordé deux avis conformes à des radios communautaires, leur permettant d’exercer désormais en toute légalité. Il s’agit de « Radiotélévision message de paix » et de « Radio Réveil Walesa ». Ces autorisations illustrent la volonté du régulateur d’encadrer l’expansion du paysage médiatique tout en favorisant l’émergence de médias de proximité.
Infos27

