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13 mai, 2026 - 02:40:09
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Commission africaine des droits de l’homme : Kinshasa pousse l’Afrique à durcir sa position face à Paul Kagame

La République démocratique du Congo poursuit son offensive diplomatique sur le terrain des droits humains. En marge de la 87e session de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), tenue en Gambie, le ministre congolais des Droits humains, Samuel Mbemba Kabuya, a multiplié les appels à la mobilisation internationale contre le Rwanda et son président Paul Kagame. Saluant une résolution adoptée en octobre 2025 reconnaissant les génocides commis en RDC, le ministre congolais a exhorté les États africains et les institutions internationales à accroître la pression politique et diplomatique sur Kigali.

Le ministre des Droits humains, Me Samuel Mbemba Kabuya, a porté mardi 12 mai 2026 le dossier des violences commises dans l’Est de la République démocratique du Congo devant la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), à l’occasion de la 87e session de cette institution panafricaine organisée en Gambie.

Face aux représentants des États membres, des institutions africaines et des organisations de défense des droits humains, le ministre congolais a consacré l’essentiel de son intervention à la dénonciation des violences attribuées au Rwanda dans l’Est de la RDC ainsi qu’à la nécessité d’une mobilisation internationale accrue autour de la reconnaissance des crimes commis sur le territoire congolais.

Dans son discours, Samuel Mbemba Kabuya a salué la résolution adoptée en octobre 2025 par les instances africaines des droits de l’homme, laquelle reconnaît les génocides perpétrés en RDC. Pour Kinshasa, cette reconnaissance constitue une étape importante dans la bataille diplomatique engagée depuis plusieurs années autour de la qualification des violences commises dans les provinces orientales du pays.

Le ministre congolais a remercié les dirigeants de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples pour cette prise de position qu’il considère comme un tournant dans la prise en compte des souffrances des populations congolaises victimes des conflits armés à répétition.

Mais au-delà de cette reconnaissance, Samuel Mbemba a surtout appelé les États africains et les institutions internationales à maintenir la pression sur Kigali. « Paul Kagame, le dernier dirigeant inconscient d’Afrique, doit changer de gré ou de force », a déclaré le ministre congolais devant les participants à cette session de la CADHP.

Cette déclaration particulièrement offensive traduit la volonté des autorités congolaises d’internationaliser davantage le dossier des violences dans l’Est de la RDC et d’obtenir des positions plus fermes contre le Rwanda, régulièrement accusé par Kinshasa de soutenir les groupes armés opérant dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Le ministère des Droits humains joue désormais un rôle central dans cette stratégie diplomatique axée sur la reconnaissance internationale des crimes commis en RDC. Selon l’entourage du ministre, Samuel Mbemba Kabuya a reçu pour mission de multiplier les actions de plaidoyer auprès des organisations régionales et internationales afin de faire reconnaître les massacres perpétrés dans l’Est du pays comme des actes de génocide.

Dans cette perspective, le ministre congolais intensifie depuis plusieurs mois ses déplacements diplomatiques à travers différentes capitales et institutions internationales. La semaine dernière encore, Samuel Mbemba s’était rendu au siège du Parlement européen, en Belgique, pour plaider en faveur de sanctions plus fermes contre le Rwanda.

À Bruxelles, il avait appelé les institutions européennes à suivre l’exemple des États-Unis, qui ont déjà adopté des mesures ciblées contre certains responsables et réseaux accusés d’alimenter l’instabilité dans l’Est de la RDC.

Kinshasa estime que la pression diplomatique et économique constitue aujourd’hui l’un des principaux leviers capables d’influencer la situation sécuritaire dans les Grands Lacs. Les autorités congolaises veulent notamment obtenir un isolement politique accru des acteurs accusés de soutenir les groupes armés actifs dans l’Est du pays.

Infos27

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