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29 mai, 2026 - 16:39:26
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Sénégal : Ousmane Sonko prend la tête de l’Assemblée nationale après son limogeage

Quatre jours après son limogeage du poste de Premier ministre par le président Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko a été élu mardi président de l’Assemblée nationale du Sénégal avec 132 voix sur 133 suffrages exprimés. Ce vote massif des députés du PASTEF-Les Patriotes intervient dans un contexte de recomposition au sommet de l’État sénégalais marqué par la nomination d’un nouveau chef du gouvernement et par des tensions politiques autour de la légalité de la réintégration parlementaire d’Ousmane Sonko. Boycottée par une partie de l’opposition, cette élection consolide néanmoins l’emprise du Pastef sur les institutions du pays.

L’ancien Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a été élu mardi président de l’Assemblée nationale du Sénégal à l’issue d’un scrutin largement dominé par les députés de la majorité parlementaire.

Le leader de PASTEF-Les Patriotes a obtenu 132 voix sur 133 suffrages exprimés, avec une abstention et aucun vote contre, selon les résultats proclamés à Dakar à l’issue des opérations de vote organisées à bulletin secret.

Cette élection intervient seulement quatre jours après son limogeage du poste de Premier ministre par le président Bassirou Diomaye Faye et deux jours après la démission d’El Malick Ndiaye de la présidence de l’Assemblée nationale.

Ousmane Sonko succède ainsi officiellement à El Malick Ndiaye et prend immédiatement ses fonctions à la tête de la deuxième institution du pays.

Une session boycottée par l’opposition

Le scrutin s’est tenu en l’absence d’une trentaine de députés de l’opposition, qui contestent la légalité de la réintégration d’Ousmane Sonko comme député avant son élection au perchoir.

Malgré ce boycott, les députés du Pastef ont massivement soutenu leur leader politique, dans une démonstration de discipline partisane qui confirme la domination de la formation présidentielle sur l’hémicycle.

Le nouveau président de l’Assemblée nationale a été longuement applaudi par les élus du Pastef, qui détient actuellement 130 des 165 sièges de l’Assemblée nationale sénégalaise.

Cette élection marque une nouvelle étape dans la recomposition institutionnelle engagée depuis l’arrivée au pouvoir du camp Pastef.

Elle intervient également au lendemain de la nomination d’Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô au poste de chef du gouvernement sénégalais.

Sonko appelle à une « gouvernance apaisée »

Dans son premier discours après son élection, Ousmane Sonko a tenté d’afficher une posture d’ouverture politique malgré les tensions ayant entouré son retour à l’Assemblée nationale.

« Pastef, qui est la formation politique – et c’est inédit dans les annales politiques de ce pays et peut-être du monde – à la fois majoritaire dans l’opposition et au pouvoir, reste ouvert à une discussion responsable qui met de côté les égos pour trouver les voies et moyens d’une gouvernance apaisée et terminer ce mandat dans les meilleures conditions », a-t-il déclaré devant les députés.

Le nouveau président de l’Assemblée nationale a également insisté sur la nécessité de redéfinir les rapports institutionnels au sommet de l’État sénégalais.

« Cette discussion ne se fera pas autour des hommes et des femmes. Elle se fera autour des orientations et du programme, sur quoi nous devrons nous entendre désormais avec le président de la République pour pouvoir envisager de continuer à l’accompagner dans la sérénité. On ne peut pas être dans un système d’hyperprésidentialisme au Sénégal aujourd’hui », a ajouté Ousmane Sonko.

Une nouvelle architecture du pouvoir sénégalais

Le retour d’Ousmane Sonko au cœur des institutions intervient dans un contexte de relations politiques observées de près entre lui et le président Bassirou Diomaye Faye, tous deux issus du Pastef.

Malgré les divergences apparues ces dernières semaines entre les deux dirigeants, le vote massif des députés du parti présidentiel démontre que Sonko conserve une influence politique majeure au sein de la majorité.

Pour plusieurs observateurs, son installation au perchoir de l’Assemblée nationale reconfigure profondément l’équilibre du pouvoir au Sénégal.

À travers cette nouvelle fonction institutionnelle, Ousmane Sonko devient désormais l’une des figures centrales du dispositif politique sénégalais, avec un rôle stratégique dans la conduite des travaux législatifs et dans les débats liés aux futures réformes institutionnelles du pays.

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