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Kinshasa
11 juin, 2026 - 23:08:46
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Derrière l’absence de succès de l’activité de l’opposition se cache un message adressé au pouvoir en place

À l’attention de l’administration Tshisekedi :

La « ville morte » d’aujourd’hui à Kinshasa n’a pas paralysé la ville. Certes. Même en provinces, dans le ventre de la RDC, l’opposition n’a pas su mobiliser le peuple congolais derrière son action. Les marchés ont rouvert, les taxis ont circulé, l’État est resté debout.

Mais ne vous y trompez pas : l’hésitation que l’on a lue dans les rues, les rideaux baissés à moitié, les conversations à voix basse… c’était le peuple qui parlait sans slogans. Un message silencieux. Et les messages silencieux du peuple congolais ont toujours fini par faire trembler l’histoire.

C’est le même peuple qui, le jour où le Président remettait des cadeaux aux Léopards pour leur participation à la Coupe du monde, a crié d’une seule voix : « Où est notre part ? »

Kinshasa parlait pour toute la RDC ce jour-là. Pas par jalousie du sport, mais par ras-le-bol d’un peuple qui aime encore son Chef, parce qu’un ventre affamé n’a point d’oreilles. Ras-le-bol des promesses qui brillent à la télévision pendant que les jeunes comptent les jours sans emploi.

Vous vous souvenez :

Six (6) millions d’emplois. Cette promesse a allumé des espoirs dans chaque quartier, de Matete à Mont-Ngafula, de Bandalungwa à Masina. Aujourd’hui, sept ans après, ces jeunes regardent encore passer les opportunités. Ils ne demandent pas l’aumône ; ils demandent la part qui leur avait été promise.

L’histoire nous l’enseigne :

Un pouvoir tient lorsqu’il répond aux attentes concrètes de son peuple. Lumumba n’a jamais trahi le peuple congolais ; c’est le peuple qui a été trahi après lui. Mobutu a duré lorsqu’il a su acheter le silence. Cependant, la RDC n’est plus à l’ère du silence acheté. Les Kinois d’aujourd’hui hésitent ; ils n’obéissent plus aveuglément. Cette hésitation constitue un avertissement politique, une alerte qui appelle à une prise de conscience de leur situation sociale.

Et que le pouvoir le note également :

L’opposition n’a pas vraiment réussi cette journée. Non par absence de mécontentement dans la rue, mais par manque de crédibilité. Le peuple a vu les acteurs de l’ombre derrière elle. Joseph Kabila, qui renvoie directement à Paul Kagame dans l’imaginaire de nombreux Congolais, a été perçu dans les manœuvres menées à l’abri des regards. Cette alliance est rejetée par une grande partie de l’opinion. Les Congolais demeurent hostiles à toute main étrangère qui prétend parler en leur nom. Le peuple choisit ses combats et n’accepte pas que sa colère soit instrumentalisée.

Que ce message soit capté dans son essence. Le peuple ne cherche pas le chaos ; il recherche une gouvernance qui lui parle. Il demande que l’on améliore rapidement ce qui lui fait mal : l’emploi des jeunes, la justice sociale, la crédibilité de l’État et la réduction des inégalités sociales. Chaque zone d’ombre dans la gouvernance devient une arme pour l’opposition à la prochaine occasion. Ne lui donnez plus d’arguments.

À l’heure où une réforme constitutionnelle se prépare, le peuple attend un signal fort. Monsieur le Président, je vous prie de nommer un autre gouvernement. Non pas un gouvernement de gestion traditionnelle et classique, mais un gouvernement de combat. Le combat de la réforme constitutionnelle, certes, mais surtout celui de la récompense du peuple. Celui qui porte sans relâche le Chef de l’État depuis 2018 mérite mieux que des promesses. Il mérite des résultats. Que ceux à qui le Président a fait confiance ne le déshonorent pas vis-à-vis du peuple !

Car le Congo ne supplie pas ; c’est lui le véritable Boss. Il le rappelle.

Et quand le Congo rappelle, les palais doivent écouter.

Henry Mutombo Mikenyi

Écrivain et chercheur en fiscalité

Acteur politique

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