L’ambition de porter le budget de la République démocratique du Congo à 50 milliards de dollars dans les cinq prochaines années, puis à 100 milliards de dollars à l’horizon de la prochaine décennie, a dominé les échanges de la deuxième édition des Journées scientifiques de Kinshasa consacrées à l’accroissement des recettes publiques. Devant des responsables politiques, des membres du gouvernement, des universitaires et des opérateurs économiques, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a défendu une série de réformes articulées autour de la digitalisation, de l’amélioration du climat des affaires, du renforcement de la production nationale et d’une meilleure gouvernance économique, afin de doter le pays de ressources à la hauteur de ses défis sécuritaires et de développement.
Comment permettre à la République démocratique du Congo de multiplier ses recettes publiques et de financer durablement son développement ? La question a occupé une place centrale lors de la deuxième édition des Journées scientifiques de Kinshasa consacrées à « l’accroissement des recettes publiques de l’État : innovations, stratégies et résultats ».
Parmi les principaux intervenants de ces assises, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, a présenté une série de propositions destinées à transformer en profondeur les mécanismes de mobilisation des ressources publiques et à accroître les capacités économiques du pays.
S’exprimant devant le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji, des députés nationaux, des sénateurs, des membres du gouvernement, des opérateurs économiques, des universitaires et des représentants de la société civile, il a estimé que la RDC dispose du potentiel nécessaire pour faire évoluer son budget national bien au-delà de son niveau actuel.
L’objectif affiché est ambitieux : porter progressivement le budget national de près de 20 milliards de dollars à 50 milliards de dollars dans les cinq prochaines années, puis atteindre le seuil de 100 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie.
Pour atteindre cette ambition, Julien Paluku a insisté sur la nécessité d’une coopération renforcée entre les différentes institutions intervenant dans la chaîne économique et fiscale.
Selon lui, le Parlement, le Gouvernement, la Justice et le secteur privé doivent agir de manière complémentaire afin de créer un environnement favorable à la croissance des recettes publiques.
Le ministre a plaidé pour « une synergie entre le Parlement qui légifère, le Gouvernement qui mobilise les recettes publiques, la Justice qui sécurise et le secteur privé qui produit ».
À ses yeux, la mobilisation des ressources de l’État ne dépend pas uniquement des administrations fiscales et douanières, mais également de la qualité du cadre juridique, de la sécurité des investissements et du dynamisme du tissu économique national.
Au cours de son intervention, le ministre du Commerce extérieur a accordé une place importante à la digitalisation des procédures économiques et douanières.
Il a notamment défendu la réforme relative à la transmission électronique des documents entre le système S One du Guichet unique intégral du commerce extérieur (GUCE) et le système Sydonia World de la Direction générale des douanes et accises (DGDA), lancée le 29 décembre 2025.
Pour le membre du gouvernement, cette réforme constitue un instrument majeur de modernisation des échanges commerciaux et de réduction des pratiques susceptibles de favoriser les pertes de recettes.
Julien Paluku a appelé le Parlement et la Justice à accompagner davantage ce processus afin de lutter contre les tentatives de sabotage des réformes engagées dans les secteurs du pré-dédouanement, du dédouanement et du post-dédouanement des marchandises.
Selon lui, la digitalisation demeure l’un des moyens les plus efficaces pour améliorer la traçabilité des opérations et renforcer la transparence dans la mobilisation des ressources publiques.
Le ministre a également plaidé pour une consolidation des réformes destinées à améliorer le climat des affaires.
Il a notamment évoqué la nécessité de supprimer certaines taxes jugées pénalisantes pour les opérateurs économiques et de revisiter la législation relative à la nomenclature des impôts et taxes.
Infos27

