La République démocratique du Congo engage une réforme majeure de son secteur des infrastructures. Sous l’impulsion du ministère des Infrastructures et Travaux publics (ITP), une Task Force de sept experts a été officiellement mise en place pour préparer l’opérationnalisation de la Commission nationale d’élaboration des normes des infrastructures et travaux publics (CNE-ITP). Supervisée par le directeur de cabinet Firmin Kiala Ki-Nsoki et le secrétaire général Georges Koshi, cette équipe dispose de vingt jours pour définir les fondements méthodologiques, techniques et institutionnels du futur système normatif national. L’objectif est de doter le pays d’un référentiel harmonisé capable de renforcer la qualité, la sécurité et la durabilité des infrastructures publiques.
Le ministère des Infrastructures et Travaux publics (ITP) a officialisé la mise en place d’une Task Force chargée de préparer l’opérationnalisation effective de la Commission nationale d’élaboration des normes des infrastructures et travaux publics (CNE-ITP), marquant une étape décisive dans le processus de normalisation du secteur en République démocratique du Congo.
Cette décision intervient quelques semaines après l’adoption, le 11 juin dernier, d’une feuille de route lors du Comité élargi de la CNE-ITP. Composée de sept experts de haut niveau, la Task Force travaillera du 26 juin au 24 juillet 2026 sous la supervision conjointe du directeur de cabinet du ministre des ITP, Firmin Kiala Ki-Nsoki, et du secrétaire général aux ITP, Georges Koshi.
Selon le communiqué publié à l’issue des travaux préparatoires, cette initiative traduit la « détermination du Gouvernement à poursuivre la modernisation du cadre normatif national afin de renforcer la qualité, la sécurité, la durabilité et la compétitivité des infrastructures en République démocratique du Congo ».
Mettre fin à un vide normatif historique
Plus de six décennies après l’indépendance, la RDC ne dispose toujours pas d’un corpus national harmonisé de normes applicables aux infrastructures. Les acteurs du secteur s’appuient encore sur des référentiels étrangers souvent différents selon les bailleurs de fonds, les entreprises ou les maîtres d’ouvrage.
Les termes de référence de la réforme dressent un constat sans appel. « Les intervenants du secteur utilisent aujourd’hui, de manière non harmonisée, des références techniques variées. Cette situation engendre des divergences d’approche, des difficultés de contrôle, des risques de litiges contractuels et une qualité inégale des études et des travaux », souligne le document.
Cette situation est d’autant plus complexe que la RDC appartient simultanément à plusieurs espaces régionaux, notamment la SADC, la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et l’Organisation africaine de normalisation (ARSO), tout en intégrant les standards exigés dans les projets financés par les partenaires internationaux.
« Toute démarche normative nationale doit tenir compte de cette position », précisent les termes de référence, qui présentent la RDC comme un véritable « carrefour normatif ».
Une doctrine nationale avant les normes techniques
Contrairement à certaines attentes, la Task Force n’a pas pour mission immédiate de rédiger des centaines de normes techniques. Sa priorité consiste à élaborer le cadre stratégique qui orientera l’ensemble du futur système normatif.
« La Task Force n’a pas pour mission de créer ex nihilo des normes techniques, mais d’identifier, évaluer, adopter, adapter et harmoniser les meilleures pratiques nationales et internationales », indiquent les termes de référence.
L’approche retenue repose sur l’adoption de référentiels internationaux reconnus, adaptés ensuite aux réalités congolaises. Les paramètres techniques nationaux, notamment les caractéristiques géotechniques, les conditions climatiques, l’hydrologie, la sismicité, la durabilité des matériaux ou les charges d’exploitation, constitueront la principale valeur ajoutée du futur système.
Huit missions stratégiques pour préparer l’avenir
La Task Force devra notamment définir la doctrine normative nationale, identifier les référentiels internationaux à adopter, élaborer un format standard applicable aux futures normes et proposer l’architecture institutionnelle des commissions spécialisées.
Elle sera également chargée de lancer deux normes pilotes dans les domaines des routes et des ouvrages d’art, de concevoir un mécanisme national de qualification des professionnels et de préparer les textes réglementaires nécessaires à l’application des futures normes.
Les travaux seront organisés autour de trois séquences : la doctrine normative, les paramètres techniques nationaux et les normes pilotes, puis la gouvernance du système et la rédaction du rapport final.
Une réforme structurante pour le développement du pays
Pour le gouvernement, les enjeux dépassent largement le cadre administratif. Le futur système normatif vise à améliorer la qualité des infrastructures publiques, renforcer le contrôle des ouvrages, réduire les contentieux techniques et accroître la compétitivité du secteur de la construction.
Le ministère des ITP entend ainsi poser les bases d’un référentiel durable capable d’accompagner les ambitions de modernisation du pays. Cette dynamique bénéficie déjà de l’appui du monde scientifique et académique, plusieurs professeurs et chercheurs, notamment de la Faculté polytechnique de l’Université de Kinshasa, ayant été mis à la disposition des sous-commissions techniques de la CNE-ITP.
À terme, le rapport consolidé attendu à l’issue des travaux de la Task Force servira de socle aux futures commissions techniques chargées d’élaborer les premières normes nationales des infrastructures et travaux publics en République démocratique du Congo.
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