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26 juin, 2026 - 08:01:08
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[Réplique de l’Union sacrée de la Nation] Constitution : CENCO, une contestation incompatible avec la neutralité ecclésiale

Le bras de fer entre la majorité présidentielle et la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) prend une nouvelle dimension. Réunie mardi à Kinshasa, l’Union sacrée de la nation (USN) a vivement contre-attaqué après la déclaration des évêques sur la réforme constitutionnelle, qualifiant leur prise de position d’« acte de subversion » dirigé contre les institutions de la République. La plateforme soutenant le Président Félix Tshisekedi accuse certains prélats de déplacer le débat national de la guerre à l’Est vers une confrontation politique interne, de nourrir un procès d’intention contre les institutions et de vouloir s’ériger en arbitres exclusifs d’un débat qui relève, selon elle, de la souveraineté du peuple congolais.

L’Union sacrée de la nation (USN), plateforme politique au pouvoir en République démocratique du Congo, a rejeté mardi les critiques formulées par la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) sur la réforme constitutionnelle, estimant que certains responsables de l’Église catholique outrepassent leur mission pastorale en s’opposant à un débat relevant de la souveraineté populaire.

Dans une déclaration commune lue à Kinshasa par Baudouin Mayo, cadre de l’Union pour la Nation congolaise (UNC), la majorité présidentielle a réagi à la déclaration publiée le 20 juin dernier par la CENCO.

« Tout en reconnaissant à chaque citoyen congolais le droit de participer au débat démocratique sur la réforme constitutionnelle, l’Union sacrée de la nation relève néanmoins que cette déclaration n’est rien d’autre qu’un acte de subversion dirigé contre les institutions légitimes et démocratiquement établies », a affirmé la plateforme.

Pour l’USN, la principale faiblesse du texte des évêques réside dans le déplacement du centre de gravité du débat national. Alors que la CENCO reconnaît l’existence d’une guerre dans l’Est du pays, l’occupation de certaines localités par l’AFC/M23 et la présence d’acteurs étrangers dans le conflit, elle concentrerait l’essentiel de son argumentaire sur la réforme constitutionnelle et les institutions en place.

La majorité estime qu’en période d’agression extérieure, la priorité devrait être le renforcement de la cohésion nationale face aux menaces sécuritaires plutôt qu’une polarisation du débat politique interne.

« Il est regrettable de constater que ces évêques utilisent dans leur diatribe plusieurs propos incitant manifestement au soulèvement populaire et au renversement de l’ordre institutionnel », soutient la déclaration.

La loi sur le référendum au cœur des divergences

L’Union sacrée conteste également l’interprétation faite par la CENCO de la récente loi relative au référendum. Selon la majorité, les évêques confondraient l’existence d’un mécanisme référendaire avec une éventuelle révision de la Constitution.

Pour l’USN, une loi référendaire demeure un instrument procédural permettant au peuple de s’exprimer sur une question donnée et ne constitue pas, en elle-même, une modification des dispositions constitutionnelles protégées.

La plateforme estime par ailleurs que le débat sur l’avenir des institutions ne saurait être interdit par principe tant qu’il s’inscrit dans le respect des procédures prévues par la loi fondamentale.

« Quelques évêques ne peuvent se substituer ni aux institutions de la République ni au peuple congolais souverain », souligne le document.

Des accusations sans fondement juridique

La majorité présidentielle considère également que plusieurs accusations portées contre les institutions reposent davantage sur des présomptions politiques que sur des démonstrations juridiques établies.

Elle cite notamment les allégations relatives à une prétendue campagne organisée avec les moyens de l’État en faveur d’une révision constitutionnelle ou encore les soupçons d’un projet visant à ouvrir la voie à un troisième mandat présidentiel.

Pour l’Union sacrée, aucun texte officiel ne permet actuellement de soutenir de telles affirmations, qui relèveraient davantage du procès d’intention que de l’analyse juridique.

L’USN a également durci le ton en accusant certains membres de la hiérarchie catholique de s’inscrire dans une logique politique hostile aux institutions.

« Quelques évêques de la CENCO, en complicité avec Joseph Kabila et Paul Kagame ainsi que leurs supplétifs du M23, ne peuvent s’attribuer le monopole de la vérité et de la raison sur la question vitale qui engage notre destin commun », a déclaré la plateforme.

L’Union sacrée a appelé les évêques concernés à faire preuve de retenue afin de favoriser un débat apaisé et de permettre au peuple congolais de se prononcer librement sur son avenir institutionnel.

Soutien renouvelé à Félix Tshisekedi

En conclusion, les membres de l’Union sacrée ont réaffirmé leur engagement en faveur du changement de la Constitution par les voies légales ainsi que leur loyauté au Président de la République.

« Nous réaffirmons notre engagement pour le changement de la Constitution et réitérons notre indéfectible loyauté au Président de la République Félix Tshisekedi », conclut la déclaration.

Pour la majorité présidentielle, la défense de l’unité nationale, de l’intégrité territoriale et de la souveraineté populaire doit demeurer au cœur du débat, dans un contexte où la RDC reste confrontée à d’importants défis sécuritaires et géopolitiques.

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