Cinquante-deux ans après leur unique participation à une Coupe du monde, les Léopards de la République démocratique du Congo renouent avec l’histoire en décrochant une qualification historique pour les seizièmes de finale grâce à leur victoire (3-1) face à l’Ouzbékistan à Atlanta. Bien plus qu’un exploit sportif, cette performance réveille une mémoire collective et rassemble toute une nation derrière son équipe. Soutenus sans relâche par le président Félix Tshisekedi, premier supporter des Onze nationaux, les Congolais ont vibré à l’unisson, de Kinshasa à Goma, de Kisangani à Lubumbashi. Avant le rendez-vous face à l’Angleterre, les Léopards ont déjà remporté une victoire essentielle : celle de la fierté nationale retrouvée.
Atlanta a été le théâtre d’un moment que plusieurs générations de Congolais attendaient depuis plus d’un demi-siècle. En s’imposant 3 buts à 1 face à l’Ouzbékistan, la République démocratique du Congo s’est qualifiée pour les seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026, signant la plus grande performance de son histoire dans cette compétition.
Pour leur retour au Mondial, cinquante-deux ans après leur première et unique participation en 1974, les Léopards ont répondu présents. Classés parmi les huit meilleurs troisièmes de groupe, ils prolongent leur aventure dans un tournoi qui réunit, pour la première fois, 48 nations.
Cette qualification récompense une équipe qui n’a jamais cessé d’y croire, malgré une préparation perturbée par l’épidémie d’Ebola qui a frappé la République démocratique du Congo.
Une histoire glorieuse qui se prolonge
L’histoire du football congolais ne commence pas à Atlanta. Elle s’est écrite bien avant, avec une génération devenue légendaire.
En 1974, les Léopards de Kazadi Mwamba, Kibonge Mafu, Pierre Ndaye Mulamba, Kakoko Etepé, Kidumu Mantantu, Mayanga Maku et leurs coéquipiers faisaient entrer le Zaïre dans l’histoire en devenant la première nation d’Afrique subsaharienne qualifiée pour une Coupe du monde. Cette génération avait déjà offert au pays deux titres continentaux, en 1968 et en 1974, inscrivant durablement son nom parmi les grandes références du football africain.
Aujourd’hui, une nouvelle génération prend le relais.
Yoane Wissa, Mpasi, Axel Tuanzebe, Chancel Mbemba, Arthur Masuaku, Aaron Wan-Bissaka, Samuel Moutoussamy, Noah Sadiki, Meschack Elia, Nathanaël Mbuku, Fiston Mayele et leurs partenaires viennent, à leur tour, graver leurs noms dans la mémoire collective du sport congolais.
Avec déjà trois réalisations dans cette Coupe du monde, Yoane Wissa s’impose comme l’un des hommes forts des Léopards, tandis que Fiston Mayele confirme son efficacité offensive avec un but inscrit en moins de quarante-cinq minutes cumulées de jeu depuis le début du tournoi.
Un peuple uni derrière ses Léopards
Cette qualification dépasse largement le cadre du football.
Pendant toute la compétition, le président de la République, Félix Tshisekedi, a affiché un soutien constant aux Léopards. Présent auprès de l’équipe, multipliant les messages d’encouragement et les gestes de confiance, le chef de l’État a incarné l’engagement de toute une nation derrière ses représentants.
À son image, les Congolais se sont rassemblés sans distinction politique, sociale ou régionale.
Au coup de sifflet final contre l’Ouzbékistan, des scènes de liesse ont éclaté de Kinshasa à Lubumbashi, de Kisangani à Mbuji-Mayi, de Kananga à Kolwezi, de Kindu à Matadi, de Mbandaka à Bukavu. Même à Goma, ville sous occupation rebelle, des habitants sont descendus dans les rues pour célébrer les Léopards en scandant « Fatshi béton », surnom du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi.
Ces images témoignent de l’attachement profond des Congolais à leur pays, à son unité et à la force rassembleuse du sport. Pendant quelques heures, les clivages se sont effacés pour laisser place à une seule émotion : la fierté d’être Congolais.
Un rendez-vous avec l’Angleterre, sans rien enlever à l’exploit
Le prochain défi attend désormais les Léopards en seizièmes de finale face à l’Angleterre, le 1er juillet au Mercedes-Benz Stadium d’Atlanta.
Le défi s’annonce immense face à l’une des grandes puissances du football mondial. Mais quelle que soit l’issue de cette rencontre, l’essentiel est déjà acquis.
Les Léopards ont réconcilié toute une nation avec son histoire sportive. Ils ont réveillé une mémoire collective vieille de cinquante-deux ans et rappelé au monde que la République démocratique du Congo demeure une terre de football.
Le rendez-vous avec l’histoire a été honoré. Les Léopards ont écrit une nouvelle page du patrimoine sportif national.
Et désormais, tout un peuple continue de croire en eux. Parce que, déjà, ils ont remporté la plus belle des victoires : celle de la fierté nationale retrouvée.
Pitshou Mulumba

