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Kinshasa
13 juillet, 2026 - 23:10:43
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ONU : Kinshasa place les victimes du Rwanda et du M23 face aux grandes puissances

Pendant plusieurs heures, ce ne seront ni les diplomates ni les ambassadeurs qui occuperont le devant de la scène au Conseil de sécurité des Nations unies. Ce lundi 13 juillet, les survivants des massacres, les représentants de la société civile et les experts prendront la parole devant les quinze membres du Conseil à l’occasion d’une réunion en formule « Arria », convoquée par la République démocratique du Congo dans le cadre de sa présidence tournante du Conseil de sécurité. L’objectif est clair : replacer les conséquences humaines de la guerre dans l’Est de la RDC au cœur du débat international et établir le lien entre les violences, le pillage des ressources naturelles et l’agression rwandaise menée avec le M23.

Placée sous la conduite de la ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, la réunion entend donner une visibilité internationale aux récits des populations qui vivent depuis des années sous la menace des massacres, des déplacements forcés, des violences sexuelles et de l’exploitation illégale des minerais stratégiques.

Sortir des discours diplomatiques

Le choix de la formule « Arria » n’a rien d’anodin. Ce mécanisme contourne la rigidité des séances officielles du Conseil de sécurité et permet d’entendre directement ceux qui vivent le conflit. Les victimes, les chercheurs et les organisations de défense des droits humains peuvent ainsi s’adresser sans intermédiaire aux représentants des grandes puissances.

Pour Kinshasa, cette séquence diplomatique doit déplacer le regard. Il ne s’agit plus seulement d’évoquer une crise sécuritaire chronique, mais de démontrer que la violence est alimentée par une économie de guerre fondée sur l’exploitation des ressources naturelles des provinces orientales.

Or, cette économie ne prospère pas dans le vide. Depuis la résurgence du M23, l’occupation de plusieurs territoires du Nord-Kivu s’est accompagnée d’une intensification de l’exploitation des minerais, au moment où les populations civiles continuent d’en payer le prix.

La présidence congolaise du Conseil de sécurité offre à Kinshasa une occasion rare d’imposer ses priorités diplomatiques. Après la réunion ministérielle du 8 juillet consacrée aux femmes, à la paix et à la sécurité, cette séance « Arria » constitue un nouveau temps fort de l’agenda congolais à New York.

L’ambition dépasse la dénonciation. En mettant les victimes au centre des débats, la RDC cherche à convaincre que la lutte contre les circuits de prédation des ressources naturelles est indissociable de la protection des civils, de la justice et de la stabilité dans la région des Grands Lacs.

Le Prix Nobel de la paix Denis Mukwege a lui-même appelé à profiter de cette présidence congolaise pour renforcer les mécanismes de justice transitionnelle et les sanctions contre les responsables de violations des droits humains.

Créée en 1992, la formule « Arria » est devenue, au fil des crises internationales, l’un des rares espaces où le Conseil de sécurité accepte d’entendre directement des voix extérieures aux États. Lundi, la RDC entend transformer cette enceinte informelle en tribune internationale pour les victimes d’une guerre qui dure depuis près de trois décennies.

Infos27

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