L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS/Tshisekedi) assume pleinement la nature coalitionnaire du pouvoir en République démocratique du Congo. Dans une mise au point, le parti présidentiel réaffirme que l’Union sacrée constitue le cadre institutionnel de gouvernance prévu par la Constitution. Il rejette toute interprétation assimilant cette position à un aveu d’échec et appelle à évaluer son action à travers ses réalisations malgré le contexte sécuritaire.
L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS/Tshisekedi) a réaffirmé, samedi, que le pouvoir en République démocratique du Congo s’exerce dans le cadre de la coalition Union sacrée de la Nation et non sous l’autorité exclusive du parti présidentiel. Dans une mise au point rendue publique, la formation politique a invoqué les dispositions de la Constitution pour justifier cette lecture des institutions et répondre aux interprétations suscitées par les récentes déclarations de son secrétaire général, Augustin Kabuya.
Cette clarification intervient au lendemain d’une matinée politique organisée au siège de l’UDPS/Tshisekedi à Kinshasa, au cours de laquelle Augustin Kabuya avait contesté les analyses attribuant exclusivement au parti présidentiel la responsabilité du bilan du pouvoir.
« J’ai des regrets quand j’entends des gens dire que le régime de l’UDPS a échoué. Ce n’est pas le régime de l’UDPS/Tshisekedi. C’est le régime de l’Union sacrée. Nous sommes dans un régime de coalition. Pour que j’accepte que ce soit le régime de l’UDPS, il faudrait que tous les animateurs des institutions acceptent de céder des postes à l’UDPS », avait-il déclaré.
La Constitution invoquée
Dans sa mise au point, la Cellule de communication de l’UDPS/Tshisekedi soutient que cette position découle directement de l’article 78 de la Constitution, qui encadre la formation du Gouvernement et consacre un fonctionnement fondé sur des alliances politiques.
« Lorsque nous, en notre qualité de membres de l’UDPS/Tshisekedi, affirmons que ce régime ne relève pas exclusivement de l’UDPS/Tshisekedi, nous nous exprimons avec précision, conformément à l’article 78 de l’actuelle Constitution », a indiqué le document.
Le parti rappelle que cette logique institutionnelle a conduit à la coalition FCC-CACH après les élections de 2018, puis à la mise en place de l’Union sacrée de la Nation, qui soutient aujourd’hui l’action du Président Félix Tshisekedi.
Pour le parti présidentiel, reconnaître le caractère coalitionnaire du pouvoir ne revient pas à admettre un échec de l’action gouvernementale.
« Le fait de raisonner ainsi ou de présenter la situation de façon détournée ne saurait signifier que nous reconnaissons l’échec du pouvoir actuel ; cela est inexact », a insisté la Cellule de communication.
L’UDPS estime, au contraire, que son action doit être appréciée à travers un bilan comparatif avec les régimes précédents, en tenant compte du contexte sécuritaire auquel le pays demeure confronté.
« Nous avons toujours parlé de l’établissement d’un tableau comparatif des réalisations, contrairement à l’ensemble des régimes passés, parce que nous avons des réalisations malgré la situation de guerre qui nous est imposée par le pouvoir du Rwanda », a ajouté le communiqué.
L’Union sacrée de la Nation constitue la majorité politique qui soutient le Président Félix Tshisekedi depuis la reconfiguration de la majorité parlementaire intervenue en 2021. Cette plateforme regroupe plusieurs partis et regroupements politiques représentés au Gouvernement, au Parlement et dans d’autres institutions de la République, conformément aux dispositions de la Constitution.
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