Une nouvelle violence vient fragiliser la riposte contre Ebola à Butembo. Mardi, une équipe chargée d’un enterrement digne et sécurisé a été attaquée dans le quartier Kyaghala, alors qu’elle intervenait après un décès communautaire lié à la maladie. Un agent a été blessé et leur véhicule endommagé, ravivant les inquiétudes face aux résistances qui entravent le travail des équipes sanitaires.
À Butembo, la lutte contre Ebola se heurte aussi à la violence. Une équipe chargée des enterrements dignes et sécurisés (EDS) a été prise pour cible mardi dans le quartier Kyaghala, en commune de Bulengera, alors qu’elle intervenait après un décès communautaire lié à Ebola.
Les agents sanitaires procédaient au prélèvement et à la sécurisation du corps lorsqu’ils ont été pris à partie par des habitants. L’un des membres de l’équipe a été blessé à la main et au genou à l’aide d’une machette. Leur véhicule a également subi des dégâts après des jets de pierres.
La méfiance, autre front de la riposte
L’incident remet en lumière les difficultés auxquelles restent confrontées les équipes engagées dans la lutte contre l’épidémie. Au-delà de la prise en charge des malades et de la surveillance des cas, la riposte doit composer avec des résistances communautaires susceptibles de compromettre les interventions sur le terrain.
La Société civile du Congo (SOCICO) a condamné l’attaque et appelé à une meilleure protection des intervenants sanitaires. Son coordonnateur urbain, Célestin Thasihalia, a invité la population à coopérer avec les équipes de riposte, estimant que les violences contre les agents de santé affaiblissent la lutte contre la maladie et exposent davantage les communautés.
À Butembo, les enterrements dignes et sécurisés constituent pourtant l’un des dispositifs essentiels de prévention. Les autorités sanitaires rappellent que les dépouilles de personnes mortes d’Ebola peuvent encore présenter un risque élevé de transmission, ce qui impose des procédures spécifiques lors de leur prise en charge.
Une riposte sous pression
Considérée comme l’un des foyers majeurs de la 17e épidémie d’Ebola, Butembo reste confrontée à des défis sanitaires et sécuritaires. Ces dernières semaines, plusieurs actes hostiles visant la riposte ont été signalés, notamment contre des ambulances, du personnel médical et certaines infrastructures sanitaires.
Ces incidents rappellent les difficultés rencontrées lors de la précédente épidémie dans l’Est de la RDC, marquée par la circulation de fausses informations et une profonde méfiance à l’égard des équipes sanitaires.
Face à cette nouvelle attaque, la société civile appelle les autorités à renforcer la sécurité des intervenants et à intensifier le dialogue avec les communautés. Car, dans une ville confrontée à la circulation du virus, chaque obstacle opposé à la riposte risque aussi de compliquer la maîtrise de l’épidémie.
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