La lutte contre Ebola prend une dimension régionale au Nord-Kivu. Une équipe médicale ougandaise est arrivée à Beni pour épauler les autorités sanitaires congolaises dans la prise en charge des malades, la surveillance épidémiologique et la prévention d’une propagation transfrontalière, dans une province où la mobilité des populations complique la riposte.
Face à Ebola, la riposte congolaise cherche aussi des relais au-delà de ses frontières. Au Nord-Kivu, une équipe médicale dépêchée par l’Ouganda est venue prêter main-forte aux autorités sanitaires engagées dans la lutte contre l’épidémie.
La coopération entre les deux pays a été présentée, mardi 18 août, lors d’un point de presse au gouvernorat de Beni. Pour les autorités provinciales, l’enjeu consiste à tirer parti de l’expérience acquise par l’Ouganda lors de précédentes flambées de la maladie, tout en adaptant les interventions aux réalités locales.
« Leur expérience est précieuse. Nous voulons apprendre de leurs méthodes et travailler ensemble pour protéger nos communautés », a expliqué Prisca Luanda Kamala, responsable provinciale de la santé auprès du gouverneur militaire.
Une expertise confrontée au terrain
La mission ne se limite pas aux échanges institutionnels. Des experts congolais et ougandais se sont rendus dans plusieurs zones de santé considérées comme préoccupantes afin d’évaluer les conditions dans lesquelles s’organise la riposte.
Ces visites ont mis en évidence plusieurs difficultés : insuffisances logistiques, défis liés à la sensibilisation des populations et besoins de renforcement des capacités du personnel médical.
Les spécialistes ougandais vont désormais formuler des recommandations à partir des observations effectuées sur le terrain. L’objectif est de renforcer l’efficacité des équipes déjà mobilisées et d’améliorer la coordination des interventions.
« Il s’agit d’apporter un appui qui corresponde aux réalités rencontrées sur le terrain », a indiqué une source impliquée dans la riposte.
La frontière, autre front sanitaire
La coopération entre Kinshasa et Kampala porte également sur un autre point sensible : la surveillance des mouvements de populations entre la RDC et l’Ouganda.
Dans cette région frontalière, où les déplacements sont fréquents pour des raisons commerciales, familiales ou professionnelles, la détection précoce des cas suspects constitue un élément central de la stratégie sanitaire. Les dispositifs de surveillance communautaire vont ainsi être renforcés afin d’améliorer l’alerte et la prise en charge rapide des cas.
À Beni, l’arrivée de l’équipe ougandaise illustre la nécessité d’une réponse qui dépasse les frontières nationales. Face à un virus qui circule sans tenir compte des limites territoriales, la coordination régionale apparaît comme l’un des leviers de la lutte.
Pour les autorités sanitaires, l’enjeu reste désormais de transformer cette expertise partagée en résultats concrets sur le terrain : mieux détecter, mieux prendre en charge et contenir la propagation de l’épidémie.
Justin Mupanya, correspondant au Nord-Kivu

