Le vice-Premier ministre de l’Intérieur, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani, a présenté les principales réformes engagées au cours de la première année du gouvernement Suminwa II, mettant l’accent sur la modernisation de la police, la formation des forces de sécurité et la restauration de l’autorité de l’État dans les zones affectées par le conflit.
Dans son exercice de redevabilité, Jacquemain Shabani a rappelé l’étendue des responsabilités de son ministère, qui regroupe cinq administrations, notamment celles chargées de l’Intérieur et de la sécurité, de la décentralisation, des affaires coutumières et des réformes institutionnelles.
À ces structures s’ajoutent plusieurs services spécialisés, dont la police, les services de renseignement, l’immigration ainsi que les administrations chargées de la territoriale. Selon le ministre, les actions menées durant cette première année ont porté à la fois sur la gouvernance, la réforme institutionnelle et la modernisation des services publics.
Dans le secteur sécuritaire, il a particulièrement insisté sur la finalisation du processus de réforme de la Police nationale congolaise. Cette dynamique s’est notamment traduite par l’adoption d’une loi de programmation destinée à encadrer les investissements nécessaires à la modernisation de la police.
« Cette loi […] programme les différentes actions qui vont permettre à ce que nous puissions doter la République démocratique du Congo d’une police digne de ce nom », a expliqué Jacquemin Shabani.
Le ministre a également évoqué la vulgarisation d’une nouvelle politique de gouvernance sécuritaire, présentée comme un instrument devant contribuer à une meilleure coordination et à une gestion plus efficace des questions de sécurité.
Des milliers de policiers en formation
La formation et le renforcement des capacités des forces de sécurité constituent un autre volet mis en avant par le responsable de l’Intérieur.
À l’École de police de Kasangulu, une session de formation s’est achevée avec près de 700 nouveaux policiers désormais mis à la disposition du commandement de la Police nationale congolaise.
Dans la province de la Tshopo, l’École de police de Kapalata a, pour sa part, accueilli quelque 2 000 apprenants. Ces recrues proviennent notamment de la Tshopo, de l’Ituri, du Bas-Uele, du Haut-Uele et du Nord-Kivu.
Pour le gouvernement, ces formations doivent contribuer à renforcer les effectifs et les capacités opérationnelles des forces de sécurité, dans un contexte marqué par d’importants défis sécuritaires dans plusieurs provinces.
La restauration de l’autorité de l’État
Jacquemin Shabani a par ailleurs annoncé une prochaine mission gouvernementale à Uvira, conformément aux échanges et aux résolutions issus des discussions de Doha et du processus de Genève.
La restauration de l’autorité de l’État dans les territoires affectés par le conflit a également fait l’objet d’un atelier à Kinshasa réunissant les services concernés. Celui-ci devait déboucher sur l’élaboration d’une feuille de route destinée à organiser le déploiement des mécanismes et dispositifs nécessaires au retour de l’administration publique dans les zones qui seront progressivement libérées.
Cette démarche s’inscrit dans la perspective d’un rétablissement durable de la présence de l’État, notamment à travers les services administratifs et sécuritaires.
Le retour des réfugiés soumis à des conditions
Abordant la question du retour annoncé de dizaines de milliers de réfugiés congolais, notamment depuis la Tanzanie, le ministre a souligné la nécessité de respecter les principes encadrant les opérations de rapatriement.
Il a notamment rappelé que le retour des réfugiés ne pouvait être imposé. « Le retour ne peut être forcé. C’est la première des conditions », a-t-il déclaré.
À cette exigence s’ajoute celle de la sécurité. « Le retour ne peut se faire que dans une zone sécurisée », a précisé Jacquemain Shabani.
Le ministre a enfin souligné l’implication financière du gouvernement congolais dans la prise en charge des réfugiés, tout en rappelant que leur retour doit être organisé dans le respect des garanties de protection et des conditions sécuritaires nécessaires.
Infos27

