Le mardi 15 septembre, Kinshasa aura un rendez-vous décisif avec sa maturité démocratique. Le Parlement ouvrira sa session ordinaire de septembre. Dans le même temps, la C64 entend manifester et annonce le Palais du peuple comme point de chute. Ce télescopage n’est pas anodin. Il interpelle.
Le Parlement ne peut devenir l’otage du calendrier des manifestations. Pas plus qu’une manifestation ne peut se transformer en moyen de pression sur une institution. Le Bureau de l’Assemblée nationale a fait le choix inverse. Il maintient la rentrée parlementaire, conformément à la Constitution et au Règlement intérieur. Le Sénat s’inscrit dans la même logique. C’est une décision républicaine. Elle mérite d’être saluée.
La démocratie congolaise n’a pas besoin de choisir entre liberté et ordre. Elle doit garantir les deux. Manifester est un droit. Respecter la loi en est le corollaire. La liberté ne signifie pas l’effacement des limites qui permettent aux institutions de fonctionner. Le Palais du peuple est le siège du Parlement. Il doit être protégé comme tel.
La responsabilité est donc partagée. Aux organisateurs revient le devoir de maintenir leur mobilisation dans le cadre légal. Aux autorités, celui de préserver l’ordre avec mesure, professionnalisme et discernement. Ni provocation, ni répression disproportionnée. Ni complaisance, ni désordre.
Une autre bataille se jouera dans l’espace numérique. Le 15 septembre, les images circuleront plus vite que les faits. Vidéos anciennes, séquences tronquées, photographies sorties de leur contexte ou contenus artificiels peuvent alimenter la confusion. La règle doit être simple : vérifier avant de croire, établir avant d’accuser.
La RDC doit montrer qu’elle sait traverser une journée de tension sans céder au spectacle de l’affrontement. C’est ainsi qu’un État consolide sa démocratie.
Le Palais du peuple doit rester ce qu’il est : la maison du Parlement, pas la scène d’un scénario politique écrit d’avance. La contestation a sa place dans une République. La provocation, elle, ne doit jamais devenir son mode d’emploi.
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