89.98 F
Kinshasa
20 octobre, 2026 - 17:28:09
Image default
Flash InfosLa unePolitique

Edito | Souveraineté congolaise : l’heure des actes

La souveraineté de la République démocratique du Congo ne peut rester un principe de circonstance. Elle exige des actes, des garanties et une solidarité internationale à la hauteur des menaces qui pèsent sur son intégrité territoriale. Les récentes prises de position européennes et africaines rappellent cette urgence, chacune avec ses instruments et ses responsabilités.

À Strasbourg, l’eurodéputée Hilde Vautmans réclame l’application effective des résolutions du Parlement européen sur la crise congolaise. Elle insiste sur les sanctions contre le Rwanda et le retrait de ses troupes du territoire congolais. Elle s’inquiète également du rapprochement entre l’ancien président Joseph Kabila et le Mouvement du 23 mars (M23). Son avertissement est sans ambiguïté : « L’Europe ne peut pas se taire. » Une résolution qui ne produit aucun effet finit par affaiblir l’autorité de l’institution qui l’adopte. L’Union européenne doit donc faire correspondre ses engagements à des mesures concrètes, fondées sur des éléments vérifiables et orientées vers la fin des violences.

La position africaine complète cette exigence, sans se confondre avec elle. Le 19 octobre 2026, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, rappelle le rejet des changements anticonstitutionnels de gouvernement. Il soutient les efforts de Félix Tshisekedi en faveur d’un dialogue national inclusif et appelle au respect des engagements de Doha et de Washington, du cessez-le-feu et à la protection des civils. Il fixe une ligne politique essentielle : aucune conquête du pouvoir par la force ne saurait se substituer à la légalité constitutionnelle.

Pour Kinshasa, cette convergence représente un levier diplomatique à consolider. Le gouvernement doit poursuivre ses efforts de paix, documenter les violations, protéger les populations et maintenir le dialogue sans renoncer à l’intégrité du territoire national. La défense de la souveraineté n’exclut pas la négociation ; elle en définit les conditions.

L’Europe doit assumer ses résolutions. L’Union africaine doit faire respecter ses principes. Les médiations doivent produire des résultats vérifiables. Car la paix ne peut reposer sur des déclarations répétées tandis que les civils continuent de payer le prix de la guerre. La RDC mérite une solidarité qui se mesure aux actes, non aux communiqués.

Infos27

ça peut vous intéresser