À l’approche de la COP31 en Turquie, la République démocratique du Congo entend mieux défendre ses intérêts climatiques et valoriser son patrimoine forestier. Jeudi 22 octobre à Kinshasa, la ministre de l’Environnement, Marie Nyange Ndambo, a présenté la deuxième Semaine nationale du climat comme un cadre de concertation et d’évaluation des politiques publiques, tout en annonçant des avancées sur le Code forestier, la régulation du marché carbone et la redistribution de ses revenus aux communautés locales.
La deuxième Semaine nationale du climat (SENAC 2), annoncée pour lundi prochain, doit réunir les institutions nationales et provinciales, la société civile, les communautés locales, les peuples autochtones, le secteur privé et les partenaires internationaux. Lors d’un échange avec la presse, jeudi à Kinshasa, Marie Nyange Ndambo a expliqué que cette rencontre devait permettre d’évaluer les avancées du secteur, d’identifier les difficultés et de préparer les positions de la RDC pour la COP31.
« Tous lundi, nous allons nous retrouver pour réfléchir ensemble sur les avancées que nous avons réalisées, les défis qui sont les nôtres pour les jours à venir », a déclaré la ministre, qui souhaite renforcer la participation des acteurs nationaux à la définition des priorités climatiques du pays.
Code forestier : le Parlement attendu
Sur le plan des réformes, la ministre a annoncé l’élaboration d’une politique forestière nationale et la révision du Code forestier. Selon elle, ces textes ont été élaborés dans un processus participatif, puis adoptés au Conseil national des forêts et au niveau gouvernemental. Leur transmission au Parlement constitue la prochaine étape annoncée.
Ces instruments doivent contribuer à améliorer la gouvernance des ressources forestières, tout en conciliant leur préservation avec les impératifs économiques et sociaux des populations.
Marché carbone : l’État veut contrôler les projets
La régulation du marché carbone figure également parmi les priorités défendues par Marie Nyange Ndambo. La ministre a annoncé un dispositif juridique destiné à encadrer les projets, à assurer la traçabilité des transactions et à renforcer la transparence dans la vente des crédits carbone.
« Il n’y aura plus aucun projet carbone qui va se faire en dehors de l’État », a-t-elle affirmé, citant le registre souverain « Lumières », destiné à répertorier les projets publics et privés. Le mécanisme doit être complété par des procédures de mesure, de notification et de vérification des crédits.
La ministre a également annoncé une part d’au moins 20 % des revenus carbone pour les communautés locales. Les provinces, les entités territoriales décentralisées et les structures contribuant à la préservation des forêts doivent également bénéficier des retombées, selon ses explications.
Des recettes conditionnées à la mise en œuvre
Marie Nyange Ndambo a toutefois reconnu que l’existence d’un cadre juridique ne garantissait pas automatiquement des recettes. L’identification des projets, leur certification, leur inscription au registre et leur commercialisation restent nécessaires pour rendre le marché opérationnel.
« Maintenant qu’on a la loi, ce n’est pas fini », a-t-elle souligné, appelant les investisseurs congolais à s’engager dans ce secteur. « Le plus important ici, c’est que nous avons commencé. Combien d’argent nous allons ramener ? Tout dépendra du dynamisme que nous allons mettre en place », a-t-elle ajouté.
La ministre a enfin évoqué la réorganisation de son administration, la révision de son cadre organique et des mesures concernant la redistribution des rétrocessions aux agents. La création d’une direction générale consacrée à l’économie de la nouvelle économie du climat figure également parmi les changements annoncés.
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