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3 novembre, 2026 - 10:07:08
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Révolution algérienne : Nacim Gaouaoui réaffirme le soutien d’Alger à l’intégrité territoriale de la RDC

Face aux défis sécuritaires et humanitaires de la RDC, l’Algérie renouvelle son engagement aux côtés de Kinshasa. À l’occasion du 72e anniversaire de la Révolution du 1er novembre 1954, l’ambassadeur Nacim Gaouaoui a réaffirmé l’attachement de son pays à la souveraineté congolaise, rappelant les aides de 500.000 dollars aux populations de l’Est et de deux millions de dollars à Africa CDC, tout en plaidant pour un partenariat économique renforcé entre les deux États.

Allocution de M. Nacim Gaouaoui, Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République algérienne démocratique et populaire

Monsieur le Vice-président du Sénat,

Mesdames et Messieurs les représentants du Gouvernement,

Excellences, représentants du corps diplomatique et représentants des organisations internationales,

Chères sœurs et chers frères, chers amis, soyez les bienvenus.

C’est un immense honneur et un réel plaisir de vous accueillir à cette cérémonie commémorative de l’anniversaire de la glorieuse Révolution du 1er novembre 1954.

Excellences, en vos titres et qualités respectifs,

Certaines voix résonnent comme des échos de l’histoire plutôt que comme des bruits de circonstances. Celle de l’Algérie en fait partie.

Le 1er novembre est une date qui dépasse le cadre du calendrier, car elle incarne le symbole absolu du courage, de la bravoure et de l’abnégation d’un peuple uni, déterminé à briser les chaînes d’un colonialisme inique et à reconquérir sa liberté spoliée et sa souveraineté nationale confisquée.

Et ce n’est qu’au bout de 132 ans de colonialisme et de huit longues et éprouvantes années de guerre, disproportionnée en moyens, jonchées de sacrifices, opposant le peuple algérien à une puissance militaire appuyée par tous les moyens de l’Alliance atlantique, que la victoire fut sans appel.

Le tribut versé par le peuple algérien fut terriblement lourd et douloureux : plus d’un million et demi de martyrs, des millions de blessés, d’invalides, de déplacés, d’orphelins, de veuves et de déracinés, ainsi que des milliers de villages détruits et incendiés au napalm, avec femmes et enfants, utilisé avec une férocité démesurée, sans oublier la torture sous les formes les plus abjectes qu’ait connues l’humanité au fil des siècles.

S’il y a bien un peuple qui peut partager cette souffrance coloniale vécue dans notre chair, c’est bien celui de la République démocratique du Congo.

Aujourd’hui, certains osent vanter les mérites de la colonisation. N’est-ce pas là une véritable imposture et une réelle perfidie de l’histoire ? Comment peut-on faire l’éloge d’un système qui s’est fondé sur le peuplement forcé, l’extermination, le pillage des ressources et la négation absolue de l’autre ?

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Ce sont ces lourds sacrifices que nous commémorons aujourd’hui. Tout Algérien et chaque citoyen libre à travers le monde se doit de perpétuer le souvenir, non pas pour nourrir la haine ni cultiver le ressentiment, mais pour refuser l’oubli du prix payé par tout un peuple.

Excellences,

Honorables invités,

La Révolution algérienne a été et demeure une source d’inspiration pour beaucoup de peuples épris de liberté et d’émancipation. Son souffle fut puissant : il atteignit des contrées éloignées et servit d’exemple aux revendications anticolonialistes de nombreux peuples du continent, mais pas seulement, dont certains avaient activement soutenu notre cause nationale. À eux, nous sommes à jamais reconnaissants.

L’Algérie en lutte a également contribué à la codification, par les Nations Unies, du droit des peuples coloniaux à l’indépendance, à travers l’adoption, en décembre 1960, de la résolution 1514 par l’Assemblée générale de l’ONU.

Fidèle à sa solidarité et à sa volonté de défendre sans relâche les causes justes des peuples sous domination, l’Algérie, conformément à la proclamation du 1er novembre 1954, se devait, après son indépendance, de réitérer sa conviction de principe et son engagement immuable et inaliénable en faveur du droit des peuples colonisés à disposer d’eux-mêmes et de leurs richesses.

Le respect des principes et des idéaux qui ont toujours guidé la politique étrangère de l’Algérie a forgé son engagement en faveur du multilatéralisme et a inscrit sa vision dans celle des Nations Unies, notamment en ce qui concerne la souveraineté des États, le règlement pacifique des différends, le respect des droits de l’homme, la justice, mais aussi la non-ingérence dans les affaires intérieures des États, conformément aux principes de la Charte des Nations Unies.

Le soutien indéfectible et inconditionnel de l’Algérie à la cause palestinienne est une évidence de sa position constante en faveur du droit du peuple palestinien à recouvrer ses droits légitimes et inaliénables et à établir son État indépendant, avec El Qods El Charif comme capitale.

Il en est de même de la question du Sahara occidental, dernière colonie d’Afrique, qui demeure une question de décolonisation inachevée, inscrite sur la liste des 17 territoires non autonomes de l’ONU depuis 1963 et qui attend, depuis lors, un règlement juste et définitif à travers un référendum d’autodétermination.

Excellences, honorables invités,

L’Algérie, sortie exsangue de sa guerre de libération, s’est résolument engagée dans une phase de construction visant à panser ses blessures. Optant pour un modèle de développement économique à caractère social, l’Algérie a privilégié l’investissement humain et la justice sociale pour lutter contre la pauvreté, plaçant ainsi au premier plan les besoins et les droits des citoyennes et des citoyens.

À travers des politiques soutenues d’autonomisation, d’inclusion et de lutte contre les inégalités, l’Algérie a pu quasiment éradiquer l’extrême pauvreté, dont le taux a été réduit à 1,2 %, plaçant ainsi mon pays parmi les dix premiers pays dont le coefficient de Gini est le moins élevé.

L’Algérie fait preuve d’une forte résilience, avec une croissance économique soutenue comprise entre 3,5 et 4 %, l’une des plus élevées de la région méditerranéenne, un PIB de 331 milliards de dollars et un endettement extérieur quasi inexistant.

En outre, la gratuité et l’accès universel à l’éducation, à l’enseignement, aux soins de santé, ainsi que l’accès à l’eau, à l’électricité et à l’énergie, sont des droits acquis pour tout citoyen algérien, consacrés par la Constitution.

Ces politiques de développement ont engendré des résultats tangibles, avec un taux de scolarisation de 98,5 %, un taux d’alphabétisation réduit à 8 %, après avoir été de l’ordre de 90 % en 1962, et un taux de raccordement de 98 % de la population à l’eau potable.

Saviez-vous, Excellences, chers invités, que le nombre d’étudiants que comptait mon pays en 1962 était de 800 ? Aujourd’hui, nous en comptons près de 2 millions d’étudiants répartis notamment dans 55 universités, 117 établissements d’enseignement supérieur et plus de 37 grandes écoles, encadrés par plus de 75 000 professeurs et chercheurs.

À ce nombre d’étudiants s’ajoutent les 12 millions d’élèves inscrits dans les trois piliers de l’Éducation nationale, soit plus du quart de la population totale. Ces quelques chiffres témoignent du chemin parcouru par l’Algérie pour hisser le niveau d’instruction et de développement social de sa population.

Par ailleurs, l’Algérie a conféré à la question de la sécurité alimentaire nationale le statut de souveraineté alimentaire, ce qui lui a permis de se hisser au premier rang en Afrique dans le classement du Programme alimentaire mondial depuis 2021 et d’atteindre, pour la première fois depuis 73 ans, son autosuffisance en blé dur.

Excellences,

Honorables invités,

Convaincue que son propre développement ne pourrait être véritablement atteint sans un effet d’entraînement sur les pays frères de notre continent d’appartenance, l’Algérie accorde une attention particulière aux besoins des pays africains.

Cette approche d’intégration régionale, réaffirmée par Monsieur le Président Abdelmadjid Tebboune, s’est illustrée par nombre d’initiatives d’intégration régionales et interrégionales, telles que le parachèvement de l’autoroute maghrébine sur plus de 2 160 km.

L’extension, la densification et la modernisation du réseau ferroviaire, ainsi que les réseaux de connexion électrique au Maghreb, déjà opérationnels et en cours d’extension, s’inscrivent dans cette même perspective maghrébine.

En panafricaniste convaincu que la sécurité et la stabilité en Afrique sont intrinsèquement liées au développement, le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a alloué à l’Agence algérienne de coopération internationale pour la solidarité et le développement dans les pays africains un montant d’un milliard de dollars, destiné au financement de projets de développement dans les pays africains. Il en a été de même avec une allocation d’un milliard de dollars au fonds de financement des start-up et des jeunes innovants à l’échelle africaine.

À cela s’ajoutent les trois mégaprojets d’infrastructures transfrontalières qui permettront l’accélération de l’intégration régionale de l’Afrique, à savoir la route transsaharienne Alger-Lagos, le projet de gazoduc Algérie-Nigeria et le projet de liaison par fibre optique Alger-Abuja.

Outre leur caractère structurant et intégrateur, ces projets visent à maximiser leur impact socio-économique sur les populations de toutes les zones traversées, à assurer le désenclavement de plusieurs sous-régions et régions africaines, ainsi qu’à réduire les fractures numérique et énergétique.

Ces projets s’inscrivent dans une perspective de développement global, intégré, coordonné et durable, qui rejoint la vision et l’esprit des cadres continentaux développés par l’Union africaine pour bâtir des infrastructures résilientes, promouvoir une industrialisation durable et encourager l’innovation.

La paix et le développement sont les deux faces d’une même pièce. C’est à ce titre que l’Algérie adhère pleinement à la démarche qui vise à faire de l’Afrique un continent apaisé, tourné vers son développement, fort de ses valeurs intrinsèques et partie prenante des dynamiques mondiales. C’est ainsi que la mise en œuvre du principr  » des solutions africaines aux problèmes africains: et des initiatives continentales visant à faire sens et leur pertinence.

Excellences, Honorables invités,

Je ne saurais clore mon discours sans me féliciter de la profondeur des liens historiques de fraternité et de solidarité entre l’Algérie et la RDC, forgés dans notre attachement commun aux valeurs et aux idéaux de paix, de justice, d’égalité, de respect mutuel, de considération réciproque et de compréhension.

L’engagement de l’Algérie en faveur de la paix, de la stabilité et de la sécurité en RDC est de longue date et les multiples prises de position de mon pays dans les forums internationaux en la matière ne sont plus à démontrer.

Cet engagement est corroboré par l’attachement de l’Algérie à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la RDC, à son unité et à sa cohésion sociale.

La décision de M. le Président de la République d’octroyer, à la fin de l’année dernière, une aide financière directe de 500.000 dollars au profit des populations des trois provinces de l’Est de la RDC, à savoir le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et l’Ituri, touchées par l’insécurité alimentaire, en est la parfaite illustration de l’esprit de solidarité qui règne entre nos deux peuples. Il en a été de même cette année avec le don de 2 millions de dollars versé par l’Algérie à Africa CDC en appui à la riposte contre la pandémie d’Ebola en RDC.

En outre, la contribution de l’Algérie à la MONUC, puis à la MONUSCO, confirme cet élan, notamment à travers le déploiement d’observateurs militaires, l’implication de plusieurs personnalités algériennes dans les processus menés dans ce cadre par l’ONU et l’UA, soit en qualité de commissaire à la paix et à la sécurité, soit de représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour la région des Grands Lacs, soit enfin en qualité de représentante spéciale du Secrétaire général et cheffe de mission de la MONUSCO.

J’ai eu l’occasion, tout récemment, de constater la ferme volonté qui anime nos deux chefs d’État à raffermir davantage les liens d’amitié et de coopération afin de leur conférer un contenu concret à la hauteur de nos potentiels, à l’exemple de la signature, en juillet 2026, de l’Accord de coopération entre les deux ministères en charge des hydrocarbures et du gaz, ce qui me conforte doublement dans mon action et mon déploiement en RDC.

Les immenses opportunités de partenariat qui s’offrent aux deux pays dans des domaines divers, notamment dans les domaines de l’agriculture, de la santé, du commerce, de l’industrie pharmaceutique, de l’entrepreneuriat, de l’investissement, des hydrocarbures, de la culture et de la formation, se doivent d’être exploitées. Dans ce cadre, des contacts ont été engagés avec les autorités congolaises pour opérationnaliser le Forum des hommes d’affaires algéro-congolais et la Commission mixte algéro-congolaise couvrant les domaines économique, commercial, financier, culturel et éducatif.

Excellences,

Honorables invités,

Aujourd’hui, pour nous, Algériens, cette célébration, si elle nous permet de nous remémorer avec fierté cette page glorieuse de notre histoire, nous impose également et surtout de diriger notre regard vers l’avenir, vers ses enjeux et ses défis. ET ILS RESTENT FORT NOMBREUX.

Gloire éternelle à nos valeureux martyrs !

Vive l’Algérie et vive la coopération algéro-congolaise !

Je vous remercie pour votre aimable attention et votre patience.

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