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14 mai, 2026 - 16:47:54
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Kongo Central : le parquet général demande l’autorisation de poursuivre le gouverneur Grâce Bilolo

La pression judiciaire remonte jusqu’au sommet de l’exécutif provincial. Au Kongo Central, le gouverneur Grâce Bilolo se retrouve dans le viseur du parquet général près la Cour de cassation, qui a sollicité l’Assemblée provinciale afin d’obtenir l’autorisation d’engager des poursuites pour des faits présumés de malversations financières. En cause : le non-transfert de recettes fiscales au Trésor public et un possible détournement de fonds estimé à près d’un million de dollars. Appuyée sur un rapport de l’Inspection générale des finances, la procédure s’inscrit dans une séquence plus large de contrôle accru des dépenses publiques. Les autorités provinciales, elles, contestent les accusations et dénoncent une démarche engagée sans concertation. À l’échelle nationale, l’affaire illustre la montée en puissance des mécanismes anticorruption jusque dans les exécutifs locaux.

Un nouveau front judiciaire s’ouvre au Kongo Central. Jeudi 22 janvier, le parquet général près la Cour de cassation a saisi l’Assemblée provinciale pour obtenir l’autorisation de poursuivre le gouverneur Nkuanga Masuangi Bilolo Grâce. Une étape préalable obligatoire pour engager une instruction contre un chef d’exécutif provincial en fonction.

Dans son courrier, le ministère public évoque des faits présumés de mauvaise gestion financière.

Le gouverneur est notamment soupçonné de ne pas avoir reversé au Trésor public une partie des recettes issues des impôts et taxes provinciales. À cela s’ajouterait un possible détournement de fonds évalué à près d’un million de dollars.

Ces griefs s’appuient sur un rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) établi l’an dernier. Selon des sources judiciaires, la mission de contrôle aurait relevé « de graves anomalies » dans l’administration budgétaire de la province.

La démarche ouvre une séquence politique sensible. Car pour aller plus loin, le parquet doit obtenir le feu vert des députés provinciaux. Sans cette autorisation, aucune poursuite ne peut être engagée.

De leur côté, les autorités provinciales contestent en bloc. Elles assurent n’avoir reçu aucune notification officielle et affirment ne pas avoir été entendues lors de la mission de l’IGF.

En clair : elles dénoncent une procédure engagée sans contradictoire. Le procureur général indique néanmoins vouloir auditionner le gouverneur afin qu’il puisse présenter sa version des faits.

À ce stade, il ne s’agit que d’une demande d’autorisation. Mais le signal est fort.

Un climat de contrôle renforcé

L’affaire intervient dans un contexte plus large de durcissement des mécanismes de surveillance des finances publiques. Ces derniers mois, l’IGF et les juridictions financières multiplient audits et enquêtes, y compris au sein des exécutifs provinciaux longtemps épargnés.

Objectif affiché : traquer les fuites budgétaires, restaurer la discipline comptable, renforcer la transparence.

À Kinshasa, le message est clair : la lutte contre la corruption ne s’arrête plus aux portes des gouvernorats.

Au Kongo Central, l’Assemblée provinciale détient désormais la clé du calendrier judiciaire. Sa décision dira si le dossier reste politique ou devient pénal.

Infos27

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