Accélérer, coordonner, livrer. Face aux lenteurs et aux contraintes budgétaires qui freinent le Programme de développement local des 145 territoires, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka hausse le ton. Réunis à Kinshasa pour la quatrième session du comité de coordination, ministres, experts et agences d’exécution ont été appelés à resserrer la gouvernance, harmoniser les données et sécuriser de nouveaux financements. Objectif affiché : achever les infrastructures prioritaires d’ici 2026 et restaurer la crédibilité de ce chantier phare du quinquennat présidentiel, censé rapprocher l’État des territoires et réduire les inégalités locales. Entre diagnostic sans complaisance et décisions opérationnelles, l’exécutif veut reprendre la main sur un programme devenu stratégique pour la transformation du pays.
Remettre le cap, corriger les retards et produire des résultats visibles. C’est le message central adressé jeudi par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka aux membres du Comité de coordination du Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145T), réunis à l’immeuble du Gouvernement pour leur quatrième session d’évaluation.
Autour de la table, une dizaine de ministres sectoriels, le secrétaire général du Gouvernement ainsi que les représentants des agences d’exécution – le PNUD, le Bureau central de coordination (BCECO) et la Cellule d’exécution des financements en faveur des États fragiles (CFEF). Tous appelés à dresser un état des lieux sans détour et à définir des mesures correctives.
Dès l’ouverture, la cheffe du Gouvernement a rappelé la portée politique du programme. « Le PDL-145T constitue aujourd’hui l’un des piliers essentiels de la transformation structurelle de notre pays. Il est l’expression d’une vision politique forte, portée avec constance et conviction par Son Excellence Monsieur le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo », a-t-elle déclaré.
Quatre axes pour structurer le développement local
Lancé pour réduire les disparités territoriales, le PDL-145T repose sur une approche intégrée articulée autour de quatre composantes : la construction d’infrastructures socio-économiques de base, la relance des économies locales, le renforcement de la gouvernance de proximité et la mise en place d’un système géoréférencé de suivi-évaluation.
Sur le terrain, cependant, l’exécution demeure inégale. Retards techniques, difficultés de coordination et tensions budgétaires freinent la cadence. Un constat que Judith Suminwa Tuluka a reconnu sans détour, appelant à un changement de méthode. « J’appelle chacun à s’impliquer pleinement, avec responsabilité et esprit de résultat, afin que les décisions prises aujourd’hui réorientent et accélèrent la mise en œuvre du PDL-145T », a-t-elle exhorté, insistant sur l’achèvement des infrastructures prioritaires d’ici 2026, conformément aux instructions présidentielles.
Harmoniser et coordonner
Chargé du compte rendu des travaux, le ministre d’État au Plan et à la Coordination de l’aide au développement, Guylain Nyembo, a plaidé pour une meilleure articulation entre institutions. L’enjeu, selon lui, est d’éviter les évaluations divergentes et les critiques dispersées.
« Nous voulons que les députés, les sénateurs puissent aussi venir… ainsi tout le monde dans un paquet et on se met d’accord sur chaque ouvrage. Ce programme est tellement important que nous ne voulons pas que des critiques partent dans tous les sens. Nous voulons encadrer et dire ce qui est réellement fait », a-t-il expliqué, avant de rappeler que « le PDL n’est pas le seul programme », appelant à une synergie avec les autres initiatives publiques.
Des décisions opérationnelles
Au terme de la réunion, plusieurs mesures ont été actées. Des travaux techniques conjoints seront engagés pour harmoniser données, terminologies et méthodes d’évaluation entre les trois agences d’exécution. Une mission de terrain intégrée réunissant Parlement, Gouvernement et partenaires est également prévue pour vérifier l’état réel des ouvrages.
Parallèlement, l’exécutif entend diversifier les sources de financement afin de combler le déficit budgétaire et assurer le déploiement complet des quatre composantes. La gouvernance et la communication du programme doivent aussi être renforcées, avec la promesse d’une information « unique et fiable » destinée aux institutions comme aux populations.
Un test pour la crédibilité de l’action publique
Pour le Gouvernement, le PDL-145T dépasse désormais le cadre technique. Il incarne une promesse politique de proximité avec les territoires et de réduction des inégalités. Sa réussite, ou son enlisement, pèsera sur la crédibilité de l’État dans les zones rurales longtemps marginalisées.
En appelant à « rigueur » et à « célérité », Judith Suminwa Tuluka fixe donc un cap clair : transformer un programme ambitieux en réalisations tangibles. Reste à convertir ces résolutions en chantiers effectivement livrés. C’est sur ce terrain, plus que dans les salles de réunion, que se jouera la réussite du PDL-145T.
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